Les Frankois forment une nation

par JOACHIM LAMBERT


Tout comme la Baie James n’est pas une nation, le Québec n’est pas une nation, c’est un territoire, le territoire d’un État provincial, terroir d’un peuple dont les individus se nommaient à l’origine Canadiens puis, après l’inféodation aux Britanniques, Canadiens-Français.

«Le Québec est une nation» des libéraux fédéraux et des nationalistes modernes à l’identité fuyante et honteuse, fait référence à une nation civique où la citoyenneté fait loi: c’est la nation artificielle, intellectuelle.

Les Frankois, c’est-à-dire les Canadiens-Français devenus au Québec des Québécois-Français, forment encore une nation organique, une nation ethno-culturelle qui représente 82 % de la population du Québec: c’est la nation fondamentalement identitaire, intuitive. C’est un fait sociologique incontournable sauf pour les Frankois qui se renient eux-mêmes.

La nation civique c’est la nation aux milles passeports, aux racines de papier interchangeables, celle qui permet de dire que ses membres sont «citoyens du monde» et que «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». C’est le nirvana identitaire, c'est-à-dire la dissolution de la conscience historique dans l’agréable inconscience cosmopolite, summum de l’évolution humaine.

La nation tout court, c’est la nation d’un seul peuple à la fois avec, comme assise, un territoire national. Ce type de nation est universel et appelle au partage complémentaire dans le respect mutuel.

Je suis Frankois et la Laurentie (le Québec) est mon terroir, ma terre d’origine. Je suis Frankois et de citoyenneté canadienne (même pas de citoyenneté québécoise, puisque celle-ci n’existe pas encore).