Les Frankois, un peuple Appelé
(Extrait du livre Le Troisième Règne)

par JOACHIM LAMBERT

Le premier peuple Appelé: les Juifs

Pendant le règne du Père(1), le peuple juif fut Appelé à précéder l’humanité sur le chemin de l’ascension spirituelle. Grâce aux prophètes qui, sans cesse, le rappelèrent à l’ordre, le peuple juif put ainsi préparer le terrain à l’incarnation du Fils de Dieu Jésus sur Terre. Cependant, comme tout le monde le sait, les Juifs furent incapables de reconnaître Celui que le prophète Michée avait annoncé, et l’assassinèrent. Ils l’assassinèrent parce qu’Il affirma être le Fils de Dieu. Son Enseignement et Ses miracles ne furent pas suffisants aux prêtres asservis à leur intellect pour que ceux-ci parviennent à Le reconnaître avec leur intuition. Même une carte d’identité n’aurait rien pu y faire.

1. Le moine Joachim de Flore (1130-1202), a divisé l’histoire spirituelle de l’humanité en trois règnes historiques associés à chacune des trois Personnes de la Sainte Trinité: le règne du Père, d’Abraham à Jésus, qui correspond à l’Ancien Testament de l’ère du Bélier; le règne du Fils, de Jésus à la venue du Saint-Esprit sur Terre environ 2000 ans après le Christ, qui correspond au Nouveau Testament de l’ère des Poissons; et le règne du Saint-Esprit – Abdruschin/le Fils du Saint-Esprit – qui correspond à l’Évangile Éternel – la Grande Édition 1931 du Message du Graal – de l’ère du Verseau et qui commença, selon notre mise à jour des travaux de Joachim de Flore, le 21 juillet 1929, jour du tournant cosmique.

À partir de ce moment, les Juifs appelés à être des élus, appelés à répandre la lumière chez les gentils, les non-juifs, déchurent. Au début du règne du fils, après la conquête de la Palestine par pompée en 63 après j.-c., Simon Bar-Cochba mena en l’an 131 la dernière guerre d’indépendance juive, et la perdit. La répression sanglante de ce soulèvement par les Romains, qui avaient déjà détruit le temple de Jérusalem en 70 après j.-c., supprima les Juifs en tant que nation qui devinrent alors définitivement des apatrides condamnés à errer sur la terre comme Caïn ... jusqu’à la formation de l’état d’Israël le 14 mai 1948, après le départ des troupes anglaises occupant la Palestine et le partage de celle-ci par l’organisation des Nations Unies (ONU).

À cause de sa faillite, le peuple juif sera le dernier, s’il s’y détermine, à reconnaître Abdruschin comme le Fils de l’Homme annoncé par Jésus, et la Grande Édition 1931 du Message du Graal d’Abdruschin comme étant la Sainte Parole apportée aux hommes pour la dernière fois sur cette terre.

Le deuxième peuple Appelé: les Allemands

Pendant les siècles d’errance qui conduisirent les Juifs dans le labyrinthe de l’antisémitisme international, un futur et nouveau peuple Appelé était en préparation: les Allemands. Eux aussi furent soigneusement guidés et préparés par la Providence afin d’être en mesure de reconnaître l’Autre Fils de Dieu, le Fils de l’Homme(2), lors de «Son apparition parmi les hommes» – comme l’a écrit Joachim de Flore – au début du règne du Saint-Esprit, soit vers la fin du deuxième millénaire ou, selon la parabole du Marié des Noces de Cana, au début du troisième jour(3). Le prophète Élie (vers 850 av. J.-C.), le Héros du Seigneur qui contraignit les Juifs à demeurer sur le droit chemin, fut réincarné chez les Allemands en la personne du moine augustin Martin Luther (1483-1546) pour une nouvelle mission préparatoire chez ce peuple Appelé. Là aussi, il effectua un redressement des consciences par un retour à la Parole de l’Évangile. Les consciences complètement engourdies et corrompues par l’église papiste – par les romanistes, selon ses propres termes –, devaient être réveillées. Par sa Réforme religieuse, Martin Luther a préparé les esprits germaniques au règne du Saint-Esprit qui devait être fondé par le Fils de l’Homme 400 ans plus tard: le règne du Saint-Esprit pendant lequel serait édifié le Royaume de Paix de mille ans dont il est question dans l’Apocalypse de Jean, le Royaume de Dieu sur Terre. Luther donna une nouvelle impulsion à l’identité allemande en formation en traduisant la Bible dans une nouvelle langue allemande, ce qui contribua à l’unification nationale et politique des Allemands.

2. Israël signifie «fort contre Dieu». Dans Genèse 32, 25-31, Jacob lutte contre un inconnu, un ange, en qui il reconnaît Dieu: celui-ci le bénit et change son nom en celui d’Israël. Avant de mourir, Jacob, devenu Israël, bénit ses 12 fils, ancêtres des 12 tribus d’Israël. Dans l’histoire patriarcale, Israël est celui à qui Dieu renouvela les promesses faites à Abraham.

3. Le Saint-Esprit fait homme, l’Esprit de Vérité annoncé par Jésus dans l’évangile de Jean.

Puis vint Oscar Ernst Bernhardt (1875-1941), le Fils de l’Homme, qui, en réponse à la Prière de Jésus et selon l’Ordre de Son Père, ancra Sa Sainte Parole pour la dernière fois sur cette Terre en écrivant Son Œuvre Dans la Lumière de la Vérité, la Grande Édition 1931 du Message du Graal sous le Nom de Abdruschin – qui signifie Fils du Saint-Esprit. Lorsqu’Il commença Ses Conférences publiques en 1923, les anciennes prophéties se voyaient enfin confirmées. Ce que Joachim de Flore avait annoncé en 1185 était enfin réalisé(4).

4. En langage spirituel, un jour égale mille ans. Au début du troisième jour signifie donc au début du troisième millénaire, donc vers l’an 2000.

L’Évangile éternel du Graal aurait dû normalement pénétrer le peuple allemand afin qu’il puisse se régénérer et conduire l’humanité à la Vérité du Saint-Graal qui est la Parole de Dieu, la Seule, la Vraie: la Grande Édition 1931(5). L’Évangile éternel aurait dû toucher le cœur des Allemands puisqu’ils avaient été préparés à cette fin, en se réincarnant pour beaucoup d’un peuple Appelé (les Juifs) à un autre (les Allemands), et aussi préparés au cours de leur histoire par plusieurs Appelés, non seulement par Martin Luther, mais aussi par des écrivains/philosophes comme Joseph Schelling (1775-1854) et Frédéric Schlegel (1772-1829), ces deux philosophes étant nés un siècle avant Abdruschin.

5. Voir H. SAINT-HILAIRE, Le Troisième Règne, Première partie : Joachim de Flore, le héraut du troisième règne.

Dans ses leçons sur La philosophie de l’histoire, Schlegel se rattache explicitement à Joachim de Flore. Dans sa préface, il écrit que le premier âge du monde (le règne du Père) est placé sous le signe de «la parole de la sainte tradition et la révélation divine»; l’âge moyen (le règne du Fils) est dominé par «la force supérieure de l’amour donnée avec le christianisme»; le genre humain s’achemine ainsi vers un troisième âge (le règne du Saint-Esprit), celui de «la réhabilitation complète dans la lumière de la vérité éternelle» et Schlegel met tout son espoir dans une «régénération universelle» à l’intérieur même de l’histoire. «Quant à la dernière phase du monde (le règne du Saint-Esprit), à celle des temps modernes, ce n’est que dans la lumière de la vérité pure, éclairant à la fois la science et la vie, qu’on trouvera le principe auquel tout rapporter»(6), la base des jugements sur le passé et des pressentiments sur l’avenir:

6. Et non pas l’édition tronquée et falsifiée 1949/51 et ses subséquentes, des Éditions Maria Bernhardt de l’église du Vomperberg / Mouvement international du Graal.

Cette division si simple et si naturelle n’est pas théorique et hypothétique, écrit Schlegel; elle est appuyée sur la réalité et l’expérience historique. En effet, l’existence d’une première révélation dans les temps primitifs, la propagation du christianisme donnant une nouvelle vie au monde moral, enfin la prééminence de la civilisation actuelle de l’Europe qui (en ce début de XIXe siècle) marche à la tête des autres parties du monde et s’élève au-dessus des périodes passées, sont trois données incontestables(7).

7. Et effectivement, cette phrase prémonitoire de Frédéric Schlegel s’est réalisée. Ce n’est que Dans la Lumière de la Vérité (le titre de la Grande Édition 1931 du Message du Graal) d’Abdruschin, que l’on peut trouver le principe, c’est-à-dire le fondement auquel tout rapporter.

Hitler et les Juifs

Pour Hitler, son combat contre le Juif était l’«œuvre du Seigneur». Accompagné par la main de la Providence, sa «mission» disait-il, était de terminer le «combat» du Christ «contre l’ennemi de l’humanité qu’est le Juif». Le deuxième peuple Appelé qui devait se présenter pour servir Abdruschin chercha à éliminer du territoire allemand et partout en Europe, le premier peuple Appelé qui avait failli à sa tâche, alors que beaucoup des Allemands de l’époque étaient dans les faits des Juifs réincarnés en situation de réparation et de rachat suite à leur faillite. Hitler lui-même était un Juif réincarné. Aaron, réincarné en la personne d’Adolf Hitler, maintenant à la tête du deuxième peuple Appelé, chercha à éliminer le restant de ce premier peuple Appelé aujourd’hui déchu, peuple qui, souvenons-nous, n’avait pas voulu l’écouter il y a 3 200 ans en choisissant finalement de suivre Moïse lorsqu’il redescendit du Mont Sinaï et brisa les tables de la Loi. Là se situe la cause inconsciente et l’origine profonde de son antisémitisme. Là se trouve la raison exacte qui explique pourquoi et comment il est devenu un maniaque de l’antisémitisme.

À l’origine, Hitler força l’immigration des Juifs hors de l’Allemagne en les excluant de la vie économique du pays; puis il avait pensé à déporter massivement le demi-million de Juifs allemands vers la Palestine ou l’Égypte. Mais des objections diplomatiques de la part des Britanniques avaient empêché ce projet d’aller plus loin. Il parla aussi de prendre contact avec la France afin que Madagascar(8) les reçoive; cette idée ne connut aucune suite. Finalement, il entrevoyait déporter les Juifs vers les terres nouvellement conquises de l’Est après la défaite anticipée de l’Union soviétique. Là, ils seraient contraints au travail forcé dans les marais du Pripet qui s’étendent vers la Biélorussie dans l’ancienne partie est de la Pologne, et en Sibérie où, dans un climat inhospitalier, ils mourraient en l’espace de quelques années de faim, de froid et d’épuisement au travail.

8. F. SCHLEGEL cité par HENRI DE LUBAC, La postérité spirituelle de Joachim de Flore, p. 354. Les parenthèses sont de nous.

Cependant, il ne faut pas se le cacher, à l’aube de la guerre 1939-1945, aucun pays ne voulait des Juifs sur son territoire: l’Europe et l’Amérique du Nord ne voulaient rien savoir des Juifs. Au terme des délibérations de la conférence d’Évian, la communauté internationale avait confirmé son refus d’augmenter les quotas d’immigration pour les Juifs. En effet:

Dans les années qui précèdent immédiatement la Seconde Guerre mondiale, tout le monde sait ce qui se passe en Allemagne: les nazis y ont officiellement entrepris l’anéantissement de la communauté juive, et plus personne ne peut plaider l’ignorance. Ému, le président Roosevelt convoque pour le 6 juillet 1938, à Évian en Suisse, une conférence dont l’objet sera le problème que représente l’exode de 200 000 Juifs à la suite de l’annexion forcée de l’Autriche par l’Allemagne nazie. Le Canada fera partie des 32 pays qui fermeront leurs portes à ces réfugiés. Dans son intervention, le représentant d’Ottawa à la conférence affirme que le pays ne veut accueillir que des fermiers, excluant ainsi l’immense majorité des Juifs autrichiens qui sont citadins. Le refus du Canada et des autres pays participants à la conférence d’Évian va encourager la solution finale. Hitler comprend très bien, aux vues des résultats catastrophiques de la conférence d’Évian, que personne ne veut des Juifs.

Comme on le constate dans une lettre qu’il envoie à un pasteur anglican de Toronto, le raciste Frederick Blair(9) est parfaitement conscient que les Juifs sont menacés d’extermination en Europe, mais il ajoute «qu’en admettre un plus grand nombre au Canada ne résoudrait pas le problème» … Il est convaincu que le Canada est en danger de se voir submergé par les Juifs, et que sa mission est d’en endiguer le flot … Il estime que «les Juifs ne peuvent pas être traités comme une nation ou un groupe religieux, mais seulement comme une race» … L’Allemagne nazie n’aurait pas dit mieux … L’intérêt du Canada étant de les empêcher d’y entrer, il encourage Hitler à trouver une solution nationale à son problème juif.(10)

9. Madagascar est une grande île située à l’extrême sud-est de l’Afrique et séparée du continent africain par le canal de Mozambique.

10. Nommé directeur des Services d’immigration en 1935 par le premier ministre Bennett, c’est cet homme qui, sous l’autorité de Mackenzie King, définira la politique canadienne d’immigration jusqu’en 1943.

L’antisémitisme viscéral de Hitler se développa durant ses années passées à Vienne (1907-1913) et se manifesta publiquement pour la première fois dans une lettre datée du 16 septembre 1919, lettre que les historiens considèrent comme le premier écrit de sa carrière politique.

Cette lettre contenait les deux concepts fondamentaux de l’antisémitisme d’Hitler que l’on retrouvera plus tard en 1924 dans le premier volume de Mein Kampf sous-titré Bilan, ensuite en 1926 dans le deuxième volume de Mein Kampf sous-titré Le mouvement national-socialiste, et finalement dans l’ouvrage de 1928 que l’on appelle le Second livre, qui n’a pas de titre général ni de titre de chapitre et dont la rédaction inachevée est demeurée inédite jusqu’en 1961(11): ces deux concepts fondamentaux sont, premièrement, l’antisémitisme de raison (par rapport à l’antisémitisme sentimental qui se manifeste par des pogromes, c’est-à-dire qui se manifeste uniquement par des émeutes accompagnées de pillages et de meurtres), et, deuxièmement, l’élimination des Juifs. Ce n’est qu’en 1928 avec sa théorie de l’histoire, donc à la fin du Second livre, que la synthèse intellectuelle de sa conception du monde a été achevée.

11. N. LESTER, Le livre noir du Canada anglais, p. 273-274.

Pour Hitler, et conformément au darwinisme(12), la lutte pour la vie dans la nature commande le triomphe du plus fort et l’anéantissement du plus faible, ou du moins sa soumission sans condition. Tous les peuples doivent lutter pour la vie, mais les Juifs le font d’une manière bien particulière. Selon Hitler dans Mein Kampf:

12. Le Second livre de Hitler a été édité en allemand par Gerhard L. Weinberg sous le titre: Hitlers Zweites Buch (1961); traduction française: L’expansion du IIIe Reich (1963).

Le peuple Juif ne peut pas réaliser la construction d’un État conçu dans l’espace, parce qu’il manque de facultés créatrices propres, mais utilise le travail et l’activité créatrice des autres peuples comme base de sa propre existence. De ce fait, l’existence du Juif devient une existence parasitaire à l’intérieur de la vie d’autres peuples … Son but dernier est de dénationaliser, d’abâtardir les autres peuples par un mélange confus, d’abaisser le niveau racial des peuples les plus élevés et de dominer ce magma de races en extirpant les intelligences de ces peuples et en les remplaçant par les membres de son propre peuple.(13)

13. En 1859, le naturaliste britannique Charles Darwin (1809-1882) fit connaître sa doctrine évolutionniste dans son ouvrage majeur: De l’origine des espèces par voie de sélection naturelle.

En conséquence:

Il en découle que ce que le Juif vise dans sa lutte pour la vie, son objet, son adversaire, ce n’est évidemment pas le sol … de soumettre une ou plusieurs nations, l’allemande, par exemple, et les dépouiller de leur terre. Les Juifs ne le peuvent pas. Leur but est au contraire de dénationaliser le monde en général. L’objet et l’adversaire de leur lutte pour la vie, ce sont toutes les nations, le principe de nation en tant que tel … c’était, Hitler l’avait dit un jour, «l’œuvre du Seigneur» … De ce fait, la lutte contre les Juifs n’était pas une tâche nationale, mais au contraire une tâche dévolue à l’humanité tout entière, et qui devait nécessairement revêtir le caractère de mission universelle que nous avons déjà constaté.(14)

14. A. HITLER cité par E. JACKEL, Hitler idéologue.

Puisque devenus moribonds depuis la destruction du temple de Jérusalem en l’an 70 par les Romains, puisque sans territoire national, le combat des Juifs depuis ce temps a été de travailler à dénationaliser les nations du monde en général comme eux-mêmes l’ont été, donc de lutter contre la notion de nation essentielle à la survie des peuples, donc, selon la pensée de Hitler, de combattre la Volonté divine sur terre, puisque cette notion de nation est voulue de Dieu, donc de combattre «l’œuvre du Seigneur» sur terre. En conséquence, Hitler comme Führer du deuxième peuple Appelé par la Lumière devait donc combattre le premier peuple Appelé ayant failli, les Juifs. Accompagné par la main de la Providence, sa «mission» disait-il, était de terminer le «combat» du Christ «contre l’ennemi de l’humanité qu’est le Juif». En conséquence, écrivait Hitler dans le premier volume de Mein Kampf: «Je crois donc aujourd’hui agir selon l’esprit du Créateur Tout-Puissant: en me défendant des Juifs, je combat pour l’œuvre du Seigneur».

Trois facteurs avaient la plus grande importance dans la conception du monde de Hitler: la valeur d’un peuple, la valeur de la personnalité et l’instinct de conservation. Ou, en d’autres termes: le nationalisme, le principe du chef(15) et l’héroïsme ou militarisme, dont la position contraire est: l’internationalisme, la démocratie et le pacifisme. Et, selon Hitler, dans leur travail souterrain de dénationalisation des peuples, ce sont eux, les Juifs, qui sont les propagateurs de ces trois positions opposées en étant les instigateurs de tous les programmes internationaux comme le marxisme, le socialisme, la paix universelle, la Société des nations (devenue l’ONU), la franc-maçonnerie, etc.

15. E. JACKEL, Hitler idéologue, p. 149.

Sur cette base, Hitler, idéologue, pouvait confirmer à Hitler, homme politique, la double tâche, unifiée pour ainsi dire, à présent, de sa vie: il devait anéantir les Juifs et restaurer ainsi le sens de l’histoire, et il devait en même temps conquérir un espace vital pour le peuple allemand au sein de la lutte pour la vie, ainsi restaurée et telle que la voulait la nature. Les deux choses étaient indissolublement liées, et mieux, l’une était le préalable nécessaire de l’autre. Si l’on n’anéantissait pas les Juifs, il n’y aurait plus, à plus ou moins brève échéance, de lutte pour la vie, et partant, plus aucune civilisation, par conséquent, non seulement le peuple allemand, mais finalement tous les peuples courraient à leur perte. Mais inversement, si le peuple allemand ne conquérait pas un nouvel espace vital, il allait, de ce fait, seul à sa perte, et les Juifs pourraient triompher.(16)

16. Le pouvoir d’Hitler était fondé sur le principe du chef, le Führerprinzip, c’est-à-dire qu’il avait une position absolument illimitée et n’était responsable devant personne. Dans la pratique, ce principe signifiait l’absence complète de tout contrôle parlementaire. «Il n’y avait que le Führer, entièrement solitaire, même sur le plan humain, et ses délégués nommés directement ou indirectement par lui aux différents niveaux de l’appareil gouvernemental ... Ce système était fondé sur une conception de l’allégeance vouée à une obéissance absolue, de ce fait irresponsable, imitée de l’armée. Tous avaient prêté serment à la personne de Hitler et non point, disons, à l’État. Étant donné qu’il n’y avait aucune délibération commune sinon sur les questions de procédure, il en est résulté un état de fait, extrêmement caractéristique pour le système, et que l’on constate sans cesse, c’est que même les plus proches collaborateurs du Führer n’étaient pas informés de la prochaine démarche de celui-ci et qu’ils ignoraient a fortiori l’objectif d’ensemble de sa politique. Hitler faisait seul ses plans d’action, il décidait seul» (E. JACKEL, Hitler idéologue, p. 114-115). Le principe du chef donne le pouvoir aux meilleurs. «Dans la pratique, le seul critère fut de considérer que ceux qui avaient réussi à être des chefs étaient tout naturellement les meilleurs: dès lors, ils pouvaient recevoir des pouvoirs dictatoriaux sur tous ceux qui relevaient de leurs juridiction, devenus leurs disciples. Chacun des subordonnés d’Hitler, ministre, chef de service, dirigeant d’organisation devient à son tour le chef de la branche d’activité dont il est chargé, sous réserve de l’autorité du Führer, du chef de l’échelon supérieur. Dans les faits, Hitler ne pouvait et ne voulait pas contrôler les décisions prises par tous ses dirigeants. Chacun devait agir en direction du Führer, c’est-à-dire inspiré par la ligne de pensée du Guide suprême, Hitler … Le Führerprinzip a ainsi fait naître dans l’Allemagne nazie une multiplicité de centres de décisions secondaires, omnipotents, mais mal coordonnés entre eux. Le Führerprinzip donne ainsi à la fois au régime totalitaire nazi une formidable unité d’inspiration générale, dissimulant une considérable anarchie dans le détail et au niveau de l’exécution.» (S. BERNSTEIN, Le nazisme, p. 63).

Adolf Hitler et Abdruschin

Au début des années 1920, Hitler – qui signifie «petit propriétaire» – ne se voyait pas encore tel qu’il s’est décrit dans son livre Mein Kampf, c’est-à-dire comme le futur Führer – qui veut dire «chef», «guide» – de l’Allemagne. Selon ses propres affirmations, il ne faisait que préparer la voie au futur grand Führer, au futur grand Guide. «Je ne suis qu’un tambour et un rassembleur», déclara-t-il en 1922 à l’écrivain Arthur Moeller van den Bruck.

Quelques mois plus tôt, en mai 1921, il aurait déclaré lors d’un entretien avec le rédacteur en chef du journal pangermaniste, Deutsche Zeitung, qu’il n’était pas le chef et l’homme d’État qui «sauverait la patrie qui sombrait dans le chaos», mais uniquement «l’agitateur qui savait rassembler les masses». Puis il aurait ajouté qu’il n’était pas «l’architecte qui avait une idée claire du plan et du dessin du nouvel édifice, capable de poser une pierre après l’autre, fort de sa tranquille certitude et de sa créativité. Il avait besoin d’un homme plus grand derrière lui, d’un homme sur l’autorité duquel il pourrait s’appuyer».(17)

17. E. JACKEL, Hitler idéologue, p. 151.

Cet homme sous l’Autorité duquel il devait s’appuyer, se nommait Oskar Ernst Bernhardt (1875-1941) – Abdruschin, le Saint-Esprit, le Fils de l’Homme. Hitler ne devait pas prendre le pouvoir politique pour ensuite le remettre au Fils de l’Homme. C’est le titre de Führer, de Guide, qu’il devait laisser au Fils de l’Homme. Selon le point de vue de la Lumière, l’aspect politique revenait à Hitler puisqu’il avait été préparé pour assumer cette importante fonction. Comme du temps de Moïse, il devait être un second et non le Premier!

Or, c’est tout le contraire qui s’est produit. Le 1er août 1934, alors qu’il était chancelier du Reich depuis janvier 1933, Hitler faisait signer une loi par tous ses ministres qui décrétait qu’à compter de la mort du président du Reich, Hindenburg – alors très malade –, il lui fut donné à la place du titre de président et chancelier, le titre de Führer et chancelier du Reich pour toujours. Le prétexte, la raison alléguée après la mort de Hindenburg pour ne pas prendre le titre de président, était que le titre de président du Reich était trop lié à la «grandeur» de Hindenburg. Le changement officiel dans ses attributions fut approuvé par le peuple allemand à l’occasion du plébiscite du 19 août 1934: 89,9% des électeurs donnèrent à Hitler des pouvoirs sans limites: chef de l’État comme Führer, chef du gouvernement comme chancelier, chef du seul parti politique légal en Allemagne, le parti national-socialiste (N.S.D.A.P.), et commandant suprême des forces armées.

C’est Oskar Ernst Bernhardt/Abdruschin, le Fils de l’Homme, qui était l’Authentique Guide, l’Authentique Führer, et Hitler devait servir la Volonté de Dieu sur terre comme président et chancelier d’une Allemagne appelée à édifier le royaume de Paix de mille ans dans le cadre du troisième règne, le règne du Saint-Esprit.

Le Führer, le grand Chef, cet Architecte qu’il cherchait et attendait, ne devait donc pas être un homme d’État, mais bien Abdruschin, le Fils de l’Homme. C’est Lui, et non pas Hitler qui devait édifier le IIIe Reich, le troisième règne, Son règne, celui du Saint-Esprit pendant lequel la Lumière avait prévu l’Édification du Royaume de Paix qui durerait mille ans. «Notre tâche, disait Hitler, est de créer l’épée dont cette personne (le Führer) aura besoin le jour où elle sera là. Notre tâche est de donner au dictateur (au Führer), le jour où il viendra, un peuple à sa mesure!»(18). Cette «personne» – qui était déjà là – ne devait cependant pas être un dictateur dans le sens courant du terme, c’est-à-dire un homme politique, mais bien Abdruschin, le Fils de l’Homme! Et quelle était l’épée dont le Führer avait besoin? L’épée dont Il avait besoin pour l’Édification était l’épée des pensées au service du Graal! La mission de Hitler était spirituelle et l’épée dont il est question dans la citation ne devait pas être une épée qui fait couler le sang, mais une pensée constamment préoccupée par la Cause du Graal sur terre et par sa tâche d’homme politique dans le Service du Graal! Du seul fait qu’Hitler se soit rendu au sommet du pouvoir politique, de manière très discutable d’ailleurs, mais cependant comme il était prévu pour lui dans son accomplissement, n’était pas suffisant! Du point de vue de la Lumière, tout cela ne comptait pour rien si, comme chancelier de l’Allemagne, il n’était pas habité par le Service du Graal. Cela seul pouvait lui permettre de vivre réellement sa tâche d’homme politique dans toute sa noblesse!

18. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 260.

Les légions d’aides spirituels et de combattants de la Lumière se tiennent à nos côtés, constamment prêts à intervenir là où la possibilité leur en est donnée pour le magnifique accomplissement dans le service du Graal. La possibilité pour cela, écoutez bien, c’est vous qui la leur donnez par vos pensées! …

Vos pensées se forment à travers l’activité de votre cerveau. Elles sont donc des canaux formés à partir de la matière fine (à partir l’au-delà) et aussi de la matière plus fine, lesquels conduisent dans la matière dense et la transpénètrent. Les aides et les combattants spirituels peuvent intervenir dans notre monde physique uniquement par les rayonnements de ces canaux et apporter ainsi la répercussion de ce que vous pensez (par la loi du retour des choses, de la réciprocité des effets)!

… Je vous appelle à l’éveil! Maintenant, agissez! Les pensées sont, à présent, votre grande puissance, la puissance avec laquelle vous devez tout activer. La puissance que vous exercerez ainsi est inégalée sur toute la terre et insurmontable pour les ennemis, parce que toute la force d’impact des combattants spirituels, qui servent la Lumière, y est étroitement reliée!

… Ne vous livrez à aucun jeu inconsidéré avec vos pensées. Vos pensées sont maintenant des glaives et des lances, étant donné que la Sainte Force de la Lumière Divine les y destine et les conduit à la victoire finale dans la matérialité engourdie de ce monde. Il est maintenant voulu que les glaives des pensées que vous ne dirigez pas contre l’ennemi, que la lance de votre vouloir que vous ne lancez pas sur les ténèbres pour les anéantir, soient dirigés contre vous pour vous anéantir parce que vous êtes trop paresseux et trop lâches pour les conduire de la manière voulue par Dieu.(19)

19. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 281.

Considérant ces Paroles que Abdruschin adressa aux Élus et aux Appelés en 1932, la chute d’Hitler était donc prévisible. L’erreur d’Hitler n’est pas d’avoir nommé son régime politique le troisième règne. L’erreur c’est, dans son impatience, de s’être approprié unilatéralement le rôle de Führer qui revenait, selon la prophétie du règne du Saint-Esprit de Joachim de Flore, au Saint-Esprit en Personne, c’est-à-dire à Abdruschin. Lui Seul devait être considéré comme le «grand transformateur de l’humanité», comme cet «inépuisable donneur de force» comme disait Joseph Goebbels(20) en se trompant sur le compte de Hitler. Comme avec Jésus, ce rôle de Führer, de Guide, n’était pas politique, mais spirituel. Dans le contexte des années 1920-1930 d’une Allemagne en faillite, Hitler devait prendre la direction politique du pays, non pas par la violence armée – comme en témoigne le putsch manqué du 8 et 9 novembre 1923 –, mais pacifiquement. C’est lui qui devait s’accaparer des guides politiques de l’Allemagne afin de gouverner le pays selon la Parole de Dieu. Ce n’est pas lui qui devait guider spirituellement le peuple allemand en élaborant et en appliquant une philosophie, sa philosophie, qui donnait une interprétation des fléaux du monde et des moyens d’en sortir. La Guidance spirituelle devait être Celle du Fils de l’Homme et de Sa Parole.

20. ABDRUSCHIN, Le 21 août 1932, allocution inédite. Les parenthèses sont de nous.

Comme à l’époque de Martin Luther dans les années 1520, 400 ans plus tard dans l’Allemagne des années 1920-1930, les trois pouvoirs – spirituel, religieux et politique – étaient détenus par des personnes différentes: Abdruschin comme Représentant de Dieu sur terre, Ludwig Kaas pour l’Église catholique et Hans Meiser pour l’Église évangélique, et Adolf Hitler pour le pouvoir politique.

Le pouvoir Divin et spirituel devait être celui du Führer, Oskar Ernst Bernhardt/Abdruschin, et le pouvoir politique devait être entre les mains du président et chancelier du IIIe Reich allemand, Adolf Hitler. En ce qui a trait au pouvoir religieux institutionnel, la situation s’était cependant complexifiée depuis Luther et le pape Léon X. Au XXe siècle, le pouvoir catholique romain était alors représenté en Europe par le pape Pie XI – en fonction de 1922 à 1939 – et en Allemagne, l’Église catholique qui avait son emprise sur un tiers de la population, était représentée sur le plan politique par le parti Zentrum dont le chef était le prélat Ludwig Kaas. L’Église évangélique allemande – luthérienne, protestante – issue de la Réforme de Martin Luther, et soutenue par les deux tiers de la population, était divisée en 28 églises régionales séparées avec des orientations doctrinales différentes: elle n’avait donc pas de chef comme tel. Pour unifier l’église évangélique sur le plan national dans une «Église du Reich coordonnée», Hitler imposa comme évêque du Reich, Ludwig Müller, chef de file des «chrétiens allemands» en Prusse-Orientale. Müller dut utiliser la manière forte pour déposer les populaires évêques Hans Meiser et Theophil Wurm qui dirigeaient la résistance à l’intégration des églises indépendantes évangéliques dans la nouvelle Église du Reich.

Le «IIIe Reich», que Hitler évoqua et qui est de nos jours synonyme de régime nazi, trouvait ses origines dans les notions apocalyptiques d’un mystique du XIIe siècle, Joachim de Fiore, qui avait distingué trois âges: celui du Père, celui du Fils et l’âge à venir du Saint-Esprit. Plus récemment, l’expression avait été popularisée par un livre du néoconservateur Arthur Moeller van den Bruck paru sous ce titre en 1923: l’auteur y prônait un nouvel État, le troisième grand Reich après ceux du Saint Empire romain et de Bismark, appelé à supplanter la démocratie honnie de Weimar. Dans une déclaration fameuse, Hitler avait promis en 1923 que le «IIIe Reich» durerait mille ans. Mais, dès 1939, la consigne fut donnée à la presse d’éviter d’employer cette expression.(21)

21. Goebbels, est le ministre de la propagande et de l’information de Hitler qui se suicida avec son épouse (madame Goebbels empoisonna auparavant ses 6 enfants) la même journée que son maître Hitler, à Berlin, alors que les troupes soviétiques prenaient d’assaut la capitale de l’Allemagne en avril 1945.

En allemand, le mot Reich, qui veut dire «règne», désignait l’empire allemand, c’est-à-dire l’ensemble des états allemands soumis à une même autorité politique. De nos jours, les Allemands appellent l’Allemagne Deutschland – la «terre des Allemands» – et, officiellement, Deutsches Reich – le «règne allemand».

En 1938, l’Anschluss, soit le rattachement de l’Autriche à l’Allemagne – interdit par les Alliés après la guerre 1914-1918 lors des traités de paix de 1919 – , fut imposé par Hitler. Sur le plan spirituel, cela aurait dû signifier que le «règne allemand» était associé au «règne de Pâques» – puisque Autriche, en allemand, se dit Österreich, ce qui signifie «règne de Pâques» – afin que le nouvel «État germanique de nation allemande» devienne le règne allemand de la Pâque, le règne allemand pour la régénération spirituelle de l’humanité. Le IIIe Reich devait donc être le troisième règne tel qu’annoncé par Joachim de Flore, celui du Saint-Esprit dirigé par le Fils du Saint-Esprit Abdruschin, et devait être aussi le règne des Allemands – et, dans un sens large, le règne de l’esprit allemand disséminé parmi les peuples de race blanche. Le troisième Reich devait être le règne des Allemands comme peuple Appelé entre tous à devancer spirituellement les autres nations dans la nouvelle Édification de la Volonté Divine sur terre pendant le règne de Paix de mille ans promis dans l’Apocalypse de Jean.

L’histoire fait mention de trois Reichs allemands. Le Premier Reich appelé Saint empire romain germanique(22) commença en l’an 800, avec le couronnement de Charlemagne, et dura jusqu’à l’an 1871. Dans les faits il se termina cependant en 1806, lorsque Napoléon supprima la couronne impériale. Mais de façon plus précise, le Ier Reich s’étale de l’an 962 avec Otton Ier qui revendiqua la succession politique de Charlemagne, jusqu’en 1648, c’est-à-dire jusqu’aux traités de Westphalie qui proclamèrent l’indépendance des princes de l’empire. Le IIe Reich dura de 1871 à 1918. Sous l’influence de Bismark, l’empire allemand est alors rebaptisé IIe Reich par Guillaume Ier. Suivra ensuite l’intermède de la République de Weimar. Quant au IIIe Reich, il est reconnu par les historiens comme étant celui de la dictature du Parti national-socialiste d’Adolf Hitler de 1933 à 1945.

22. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 975.

Hitler, conscient de la prophétie du troisième règne de Joachim de Flore, associa et superposa donc sur le plan politique et historique le règne du Saint-Esprit, soit le troisième règne spirituel annoncé par Joachim de Flore, et le règne de mille ans, au IIIe Reich politique allemand qu’il voulut fonder à la place du Fils de l’Homme. Le 1er mai 1937, Hitler parla de la grandeur, de la puissance et de la domination allemandes enchâssées dans l’art et dans l’architecture qui, pour un millier d’années, devaient donner une expression aux réalisations culturelles allemandes. En novembre de la même année, il évoqua la métamorphose de Berlin en «Germania», capitale du monde, et parla d’offrir une «ville de mille ans» à un «peuple millénaire héritier d’un passé historique et culturel millénaire»(23).

23. Aussi nommé Saint Empire ou encore Empire d’Occident.

Impatient, le «tambour» a donc décidé de prendre la place du Führer dont il avait la certitude intérieure qu’Il devait bien être quelque part, et dont finalement, contre toute attente, il découvrit l’existence suite à la traîtrise de la Disciple Iden Freitag-Tietze(24), une proche dans l’entourage de Abdruschin. Cette traîtresse porta à un homme de confiance de Hitler le manuscrit du livre Le Jugement Dernier qu’elle avait reçu médialement en présence de Abdruschin et qui racontait par avance l’écroulement de l’Allemagne nazie. À la suite de la trahison de la Disciple Iden Freitag-Tietze, comme pour Jésus qui a été trahi par Son Disciple Judas Iscariote, Abdruschin fut arrêté par la Gestapo en 1938 au Vomperberg en Autriche – près d’Innsbruck –, et placé finalement en résidence surveillée à Kipsdorf jusqu’à Son Décès, le 6 décembre 1941.

24. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 92.

Alors qu'Abdruschin résidait à la Sainte Montagne aussi appelée la Montagne du Salut, sur le plateau du Vomperberg dans le Tyrol, Hitler, lui, avait sa résidence au Berghof, à 1200 mètres d’altitude au-dessus de Berchtesgaden en Bavière, dans l’Obersalzberg à la frontière autrichienne. 800 mètres plus haut, se trouvait son nid d’aigle (Alderhorst), aussi appelé le D-Haus (Diplomaten Haus) où il recevait les visiteurs étrangers importants triés sur le volet. Certains, comme le Gauleiter Giesler, de Munich, nommaient le Berghof, la montagne sacrée.

Hitler aurait pu trouver son Führer Abdruschin plus tôt, mais il a seulement attendu, il ne L’a pas cherché. Voilà pourquoi il ne L’a pas trouvé. Si sa recherche de la Vérité avait été sincère, il aurait trouvé Celui qu’il devait servir. Et lorsque, par hasard, il Le découvrit, Hitler Le fit emprisonner sous prétexte qu’Il était une menace à la sécurité de l’État. Hitler succomba donc à l’orgueil. Et sans Abdruschin, il devait marcher comme un somnambule qui se dirige directement vers l’abîme: «J’avance, disait-il, avec l’assurance d’un somnambule sur le chemin qu’a tracé pour moi la Providence»(25).

25. «Cette femme avait placé dans la main de Hitler des Communications de grande valeur, qu’elle avait été autorisée à recevoir dans le bureau de Abdruschin, et en Sa Présence. Dans ces Communications se trouvait indiqué que toutes les ténèbres seraient anéanties et qu’ensuite Imanuel (Abdruschin) étendrait Sa Domination sur toute l’humanité de la terre. C’était, toutefois, signifié spirituellement (et non pas matériellement, donc socialement ou politiquement). À travers ses relations avec Hitler, Iden Freitag-Tietze chercha à rendre Hitler attentif sur cette prétendue volonté de pouvoir de Abdruschin» (Témoignage de OTTO-ERNST FRITSCH. Les parenthèses sont de nous).

Tout compte fait, rétrospectivement, bien que la Providence lui eu donné la possibilité d’un rachat karmique envers la Lumière, il était cependant peu probable qu’il en profite parce que déjà, entre 1923 et 1927, alors que Abdruschin donnait Ses premières conférences publiques, Hitler – encore en liberté surveillée depuis sa condamnation avec sursis pour troubles de l’ordre public en janvier 1922 –, tentait de renverser l’État de Weimar par un putsch militaire en novembre 1923. Pour Hitler, la rédemption des Allemands ne pouvait venir que d’un soulèvement armé.

(En 1923), le pays était en faillite, sa monnaie, ruinée ... Le kilo de beurre coûtait 168 millions de marks ... L’épargne de toute une vie se dissipait en quelques heures. Les polices d’assurances ne valaient plus le papier sur lequel elles étaient écrites. Les bénéficiaires de pensions ou de revenus fixes se retrouvèrent avec de la monnaie de singe … Dans le courant de l’été, des grèves d’inspiration communiste ébranlèrent le pays … Les communistes préparèrent des insurrections révolutionnaires en Thuringe et en Saxe après qu’ils furent entrés tout à fait légalement dans le gouvernement de ces États ... La situation était épouvantable en Bavière comme dans le reste du pays. «Tels des spectres menaçants, le chômage et la faim frappent à de nombreuses portes», note un rapport de Souabe dans la seconde quinzaine d’août. Un rapport de Franconie donnait une idée de la détresse qui y régnait: la livre de pain noir coûtait un milliard de marks; le chômage grimpait en flèche; l’industrie n’avait pas de commandes; des foules de gens n’avaient pas les moyens de se nourrir; l’État ne pouvait même plus payer ses employés.(26)

26. I. KERSHAW, Hitler 1936-1945, p. 747.

Dans ce contexte de crise généralisée, Hitler, avec l’aide des associations patriotiques d’extrême-droite, fomenta un soulèvement armé pour changer l’ordre social … sans la participation active des forces armées qui, cinq jours avant le putsch, avaient clairement indiquées qu’elles ne feraient rien contre le gouvernement légal de Berlin.

La situation catastrophique du pays favorisait l’émergence de partis d’extrême-droite comme le Parti national-socialiste qui étaient fondés sur l’activisme violent soutenu par une organisation paramilitaire. Sans la misère sociale comme catalyseur, l’activisme révolutionnaire qui se nourrit du mécontentement ne peut prendre racine dans la population. Et dans l’environnement social déjà explosif de cette époque, Hitler envisageait les réunions publiques de son parti comme autant de véritables feux d’artifices politiques. Avec sa devise «le combat!», les réunions du Parti nazi étaient tout, sauf paisibles.

Mesurant l’intérêt qu’il y avait à intimider les adversaires, apprenant les techniques de perturbations en même temps que les moyens d’y répondre, les réunions du NSDAP étaient destinées à susciter des affrontements de manière à faire parler du parti. Les affiches étaient de couleur rouge pour inciter la gauche (c’est-à-dire les communistes) à venir. Au milieu de 1920, Hitler conçut personnellement l’étendard du parti avec la svastika(27) dans un cercle blanc sur fond rouge pour lui donner un maximum d’impact visuel. Du coup, la foule se bousculait dans les salles bien avant le début des réunions, et la présence de nombreux adversaires garantissait une atmosphère explosive. Pour contenir les troubles, fut alors créé, au milieu de l’année 1920, un «service d’ordre», transformé en août 1921 en «section gymnastique et sportive», puis en «section d’assaut» (la SA).(28)

27. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 304-307. Les parenthèses sont de nous.

28. La svastika était le symbole du soleil chez les anciens Hindous.

Emprisonné le 1er avril 1924 à la prison de Landsberg, à 60 kilomètres de Münich, et fait hautement symbolique, placé dans la cellule numéro 7 – le 7 étant le chiffre de Imanuel/Parzival/Abdruschin –, c’est là, en juin 1924, qu’il commença à rédiger son livre Mein Kampf (Mon combat).

Dans les années-clés 1923-1924, pendant que Abdruschin transmettait la Sainte Parole à l’humanité, Hitler, lui, rédigeait son Mein Kampf et était déjà engagé sur la voie de l’antisémitisme pour contrer ce qu’il appelait le judéo-bolchevisme – le communisme dirigé par des Juifs –, et sur la voie de la conquête militaire de l’Europe pour sauvegarder «l’espace vital» allemand. Car, pour atteindre le millenium, le mouvement national-socialiste nécessitait dans sa fuite en avant la conquête de nouveaux territoires. Pour Hitler, le millenium n’était pas l’Édification du règne de Paix de mille ans selon la Volonté du Fils de l’Homme, mais bien l’édification de sa nouvelle société millénaire et matérialiste fondée exclusivement sur la pureté et la domination raciales; ce qu’il exposa dans Mein Kampf en 1924/1925.

Hitler voulait devenir un héros du peuple allemand, comme Martin Luther, Frédéric le Grand et Richard Wagner l’ont été et commença au début des années 1920 à associer la grandeur du Führer de la nation tant attendu à lui-même. Dans un entretien accordé le 2 octobre 1923 au journal britannique Daily Mail, Hitler aurait en effet déclaré: «Si un Mussolini allemand était donné à l’Allemagne, les gens tomberaient à genoux pour l’adorer plus que Mussolini ([1883-1945]le dictateur italien) ne l’a jamais été»(29). Ce Mussolini envers qui les Allemands tomberaient en pâmoison, Hitler, ce grand homme, ce «prophète», ce «génie», cet «humble», ce «loyal», cet «homme de foi», cet «homme de volonté», ce «chef politique», cet «éducateur», cet «éveilleur», ce «libérateur», cet envoyé du ciel comme beaucoup le croyaient, allait le leur donner en sa propre personne!

29. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 231. Les parenthèses sont de nous.

Tout en suggérant encore le «tambour», il avait déjà associé le pionnier qui ouvre la voie aux grands héros nationaux du passé. En tout cas, à l’en croire, il sentait «alors en lui l’appel au salut de l’Allemagne» tandis que d’autres percevaient dans ses propos des «accents franchement napoléoniens et messianiques».(30)

30. I. KERSHAW, Hitler 1936-1945, p. 281.

Le troisième peuple Appelé: les Tchèques

Avec la félonie et l’absence des 144 000 scellés au front qui devaient servir le Fils de l’Homme – et dont il est question dans l’Apocalypse de Jean – qui jamais ne se présentèrent afin d’accomplir le Plan Divin, Abdruschin savait dès 1935/1936, donc bien avant Son arrestation en 1938, que l’Édification du Royaume de Son Père, tel que prévu alors qu’Il était encore parmi les hommes, n’était plus possible(31).

31. I. KERSHAW, Hitler 1889-1936, p. 282.

Aussi, le 18 avril 1937, jour de Son 62e anniversaire de naissance et 2 ans avant la domination hitlérienne de la Tchécoslovaquie, Abdruschin a-t-Il remis les clés de la future Édification au peuple tchèque qui devenait par le fait même, après la faillite spirituelle du peuple allemand, le nouveau peuple Appelé à devancer l’humanité dans le service du Graal. Dans sa lettre au disciple tchèque Joseph Kovar, Abdruschin écrivait: «Vous ne pouvez pas encore comprendre, aujourd’hui quelle énorme grandeur le 18 avril a apporté à votre peuple et quelle grâce divine afflue, de ce fait, sur les vôtres. Priez de telle sorte que les esprits humains s’éveillent … alors votre pays sera le plus comblé avant tous les autres.»

Le 9 septembre 1937, répondant à une lettre de Joseph Kovar, Abdruschin écrivit aussi ceci: «Le peuple (tchèque) … est appelé à devenir le premier peuple, sur la terre, à être celui qui précède tous ceux qui doivent servir le Seigneur.»

Cependant, ce troisième peuple Appelé fut immédiatement ligoté sur le plan politique et son autonomie nationale complètement soumise au IIIe Reich hitlérien en 1939 lors de la conquête de son territoire par les Allemands. De plus, après 71 ans, il apparaît que le peuple tchèque ne s’est pas encore réveillé spirituellement, même si, sur le plan politique, les Tchèques se sont séparés des Slovaques pour former la République tchèque.

Créé en 1918, l’État de la Tchécoslovaquie avait été fondé sur les ruines de l’empire Austro-Hongrois des Habsbourgs. Aux côtés des Tchèques et des Slovaques – des slaves occidentaux tout comme les Polonais – plusieurs minorités se partageaient le territoire tchécoslovaque: les Allemands, les Hongrois, les Polonais et les Ruthènes(32). Après l’Anschluss de 1938, la minorité allemande des Sudètes(33) réclama son rattachement au IIIe Reich allemand, ce qui fut fait à la suite de la crise internationale de l’été 1938 qui conduisit au démembrement presque complet de la Tchécoslovaquie entre l’Allemagne, la Pologne et la Hongrie. Dans les Sudètes avait toujours régné une vive hostilité à l’égard des Tchèques. Aussi, en mars 1939, s’appuyant sur les préjugés antislaves, sur la nécessité pour les Allemands de récupérer leur «espace vital», sur le fait que l’État tchécoslovaque était allié aux ennemis jurés de l’Allemagne, soit l’URSS à l’est et la France à l’ouest, et s’appuyant aussi sur le fait que le communisme avait de nombreux adeptes dans le pays, Hitler, qui avait toujours accusé les Tchèques de persécuter la minorité allemande, contraignit le président de la République tchèque – le docteur Hacha (1872-1945) – à «remettre le destin du peuple tchèque entre les mains du Führer».

32. Ainsi, en juin 1936, après Son retour de la prison d’Innsbruck où Abdruschin venait de passer quatre mois – soit du 11 mars au 17 juin – à cause du soi-disant « trafic de devises », auquel Il était en fait parfaitement étranger, Abdruschin prononça, les Paroles, lourdes de sens, suivantes: «Pour vous les porteurs de Croix, il va en advenir tout à fait autrement que vous le croyez jusqu’à ce que le Terrain soit préparé pour cela, afin que s’accomplissent les Promesses de l’Écriture. Il aurait pu en être autrement, si l’humanité avait saisi la Parole et parsemé de roses le Chemin du Seigneur, au lieu de la recouvrir d’épines et de pierres!»

33. La Ruthénie est le nom de la partie occidentale de l’Ukraine.

Alors que Abdruschin était toujours présent sur Terre, devait donc être donné à l’humanité une deuxième chance, un deuxième essai pour l’Édification du Royaume de Son Père, cette fois … sans les 144 000 scellés au front. Cette deuxième chance … a aussi été ratée. Ainsi, après l’échec retentissant et lamentable du peuple allemand qui n’a pas entendu l’Appel du Seigneur, la Lumière dut en prendre note et constater ce nouvel échec en peu d’années, un deuxième en territoire européen, là où se trouve la Montagne du Salut!

Un peuple Appelé en Amérique:
les Frankois

Le drapeau frankois
Le drapeau frankois

En ce début du XXIe siècle et du IIIe millénaire après J.-C, l’attention se porte maintenant sur un nouveau peuple Appelé et loin de l’Europe! De l’autre côté de l’océan Atlantique! Et ce quatrième peuple, c’est le peuple nommé Canadien-Français jusqu’en 1960 et aujourd’hui replié en «ce Québec pas comme les autres» sous le nom de Québécois-Français.

Ces Québécois-Français, inféodés aux anglo-saxons du Canada depuis 1760 et aujourd’hui, plus que jamais soumis à la pression du multiculturalisme canadian et à l’interculturalisme québécois, sont présentement sur la voie de l’auto-destruction qui, de plus en plus et assurément, conduit la patrie vers la disparition nationale et l’extinction. S’ils s’y déterminent, imperceptiblement, bon nombre de Québécois-Français peuvent renaître à la Vie en tant que Frankois, c’est-à-dire comme «hommes libres» régénérés par la Parole de Dieu, la Vraie, l’Authentique, l’Inaltérée: la Grande Édition 1931 du Message du Graal!

Depuis leur origine, c’est-à-dire depuis 400 ans, les Canadiens-Français ont toujours eu comme pivot la religion catholique, religion dont ils se sont très majoritairement complètement débarrassés à partir des années 1960 pour s’adonner, comme Québécois modernes, au culte de l’émancipation débridée. Depuis 48 ans, la loi de la compensation a joué son rôle en nous projetant du pôle religieux catholique où tout était péché, à celui de l’hédonisme, de «l’amour libre» débridé, du divertissement à tout crin, du féminisme destructeur de la masculinité, de l’immigration inconsidérée nourricière d’un multiculturalisme antinational, de la dénatalité, de l’identité nationale ambiguë, de l’amnésie historique et du règne total de l’argent qui permet tout: véritable crise spirituelle de notre culture atrophiée et rongée par le cancer de la décadence qui a coupé les ponts avec le Créateur.


Le blason frankois
Le blason frankois

Dans la détresse de leur vie brisée, par les familles éclatées et le suicide des jeunes, privés de toute référence spirituelle qu’ils ne semblent pas en apparence vouloir combler, les Québécois-Français sont aujourd’hui au bout du rouleau mais ne veulent pas encore en convenir. Même s’ils sont maintenant en mesure de reconnaître que leur vie est superficielle et vide de sens sans le véritable Savoir de Dieu, les Québécois-Français sont encore loin des souffrances économiques éprouvées par la génération des années 1930 en Europe. Nous espérons croire que beaucoup seront prêts à renaître en esprit avec l’effondrement des États-Unis d’Amérique déjà en cours, afin d’assumer leur destinée! Cependant, actuellement, il ne se passe rien encore. Mais où sont-ils donc ces Frankois? Qu’attendent-ils pour se réveiller? En attendant le moment choisi par Imanuel/Parzival/Abdruschin, la voie est cependant actuellement tracée par la troupe d’élite du Seigneur, c’est-à-dire par les Élus et les Appelés(34) Frankois qui, pour plusieurs, suite à une faillite antérieure, se sont réincarnés des Juifs du Proche-Orient aux Allemands et aux Tchèques de l’Europe, puis enfin jusqu’en Amérique du Nord, ici au Québec, chez les Frankois de Laurentie.

34. Les Sudètes était le nom donné après 1919 à la population de langue allemande installée sur le pourtour de la Bohême où se dresse le mont des Sudètes; partie germanophone de l’ex-empire des Habsbourg alors intégrée à la Tchécoslovaquie.

Élie et Élisée qui furent du peuple juif et réincarnés sous le nom de Martin Luther et de Melanchthon chez le peuple allemand, sont aujourd’hui encore bien vivants au Québec. Beaucoup de ceux qui devaient servir la Lumière alors que Abdruschin était parmi nous, qui ne l’ont pas fait, et à qui la Lumière a accordé la possibilité de se racheter, sont présentement en «recyclage» au Québec pour accomplir une fois pour toutes ce qu’ils devaient et doivent faire. Et cela concerne la génération des baby-boomers de l’après-guerre 1939/1945, soit plus spécifiquement les générations 1945/1953 et 1954/1962. La Lumière laisse toujours trois chances, trois essais aux hommes pour se réchapper, pour réaliser leurs promesses d’accomplissements, pour réparer leurs négligences et leurs erreurs, pour se reprendre en main suite à une faillite par traîtrise ou abandon. Que les esprits concernés en tiennent compte!

Dans le Pays de l’Attente, dans l’au-delà, beaucoup d’esprits des générations d’avant 1923 – année où Abdruschin commença Ses conférences publiques –, attendaient le moment propice pour s’incarner afin de collaborer à la Grande Édification promise. De là-haut, dans leur «robe blanche», ils avaient reconnu leurs erreurs, mais, avant qu’ils ne puissent s’incarner, ils devaient attendre que le Fils de l’Homme vienne sur Terre pour leur dégager le Chemin de l’Ascension. Sur Terre, ils venaient donc renforcer le groupe des 144 000 scellés au front ... qui devaient se présenter à Abdruschin. Ce qui n’a pu se concrétiser à cause de la faillite des proches du Seigneur et des 144 000.(35)

35. Élu et Appelé, qu’en est-il au juste? Il faut savoir que les Élus sont des esprits humains qui furent Appelés, c’est-à-dire autorisés à servir les deux Fils de Dieu sur terre – Jésus et Abdruschin – et qui accomplirent leur mission dans la fidélité. Les Élus sont donc des Appelés ayant réussi leur mission. Cependant, être Appelé n’est pas synonyme d’Élu. Tous les Appelés ne deviennent pas nécessairement et automatiquement des Élus. Tous les Appelés ne sont pas devenus des Élus. Jésus a été clair à ce sujet: «Beaucoup sont Appelés, mais seulement peu sont Élus». Cela veut dire que, parmi les Appelés, seulement peu parviennent à l’accomplissement de leur Appel. Chaque fois que les Élus sont autorisés à se charger d’une nouvelle mission, ils deviennent de nouveau Appelés à servir la Lumière, Dieu. Comme créatures dotées du libre arbitre, malgré leur expérience et la Guidance qu’ils bénéficient, les Appelés peuvent faillir, manquer leur mission, parce que, comme Abdruschin l’explique: « … Cet accomplissement, ils doivent l’amener eux-mêmes par une volonté de fer, une activité inlassable, un labeur acharné … Être Appelé signifie exclusivement porter en soi la capacité pour l’accomplissement, mais non que cet accomplissement soit jeté tout prêt dans les bras de l’Appelé. Ce n’est que lorsque l’Appelé, donc celui qui est doué à cette fin, met tout en œuvre, qu’il utilise sans restriction ses aptitudes avec un zèle ardent et imperturbable, avec une aspiration ferme et une combativité tenace, que lui vient alors des Hauteurs une aide extraordinaire qui le conduit à la victoire, donc à l’accomplissement de son Appel» (ABDRUSCHIN, Grande Édition 1931 du Message du Graal, Exposé numéro 83, «Appelé»). La conviction de l’Appelé appelle ainsi la Toute-Puissance de Dieu à entrer en action pour lui assurer la victoire absolue. C’est l’Appelé qui doit servir la Lumière et non le contraire! Être un esprit humain Appelé à servir pour la première fois, ou être un Élu de nouveau Appelé à servir, n’est pas une garantie de réussite, cet état ne garantie pas automatiquement l’accomplissement. Dans tous les cas – à la fois pour les Élus et/ou pour les Appelés – seul l’amour du Graal qui entraîne la fidélité et, pour les Élus, l’expérience vécue antérieurement dans le service du Graal, prédisposent et prédestinent au succès.

Depuis l941 – l’année du Décès de Abdruschin –, parmi les 144 000 faillis, quelques milliers seulement se sont réveillés et leur réveil les a conduit à trouver, non pas la Parole de Dieu inaltérée de 1931– puisque Celle-ci n’était plus en circulation –, mais à trouver plutôt une partie déformée de la vérité dans le faux Message du Graal 1949/51 du Mouvement International du Graal – le message de Baal – auquel faux message, ils ont adhéré.

En l’an 2000, malgré les événements qui se déroulèrent au Québec, événements qui forcèrent l’ancrage de la Parole Complète Originale du Graal 1931 en pays laurentien(36) et qui contraignirent les adhérents du faux message à prendre acte et conscience – et ce, bien malgré eux – de l’imposture de l’Église du Vomperberg, les appelés de l’Église du lac Simon(37) continuèrent et persiste toujours à vouloir servir l’institution de Baal. Parmi eux, seul un infime nombre a eu le courage de prendre totalement position envers et contre tous pour la Parole Complète et Authentique 1931 du Seigneur. Ainsi va le Jugement.

36. Selon le témoignage de Otto-Ernst Fritsch, «Il y avait environ 200 Porteurs de Croix lorsque je le devins moi-même en septembre 1931, et selon ce que je sais, il y avait environ 800 Porteurs de Croix, lorsque, le 11 mars 1938, le Seigneur fut emprisonné par les sbires d’Hitler. De ce fait, environ 600 Porteurs de Croix conçurent du doute à l’égard du Seigneur et de la Parole et chutèrent. Beaucoup devinrent même des ennemis acharnés du Seigneur et des flots de haine, d’ordures, de bassesse, et d’une inconcevable infamie, flamba alors, en 1938, contre le Seigneur.»

37. La Laurentie (nom qui désigne la grande vallée du Saint-Laurent, au Québec, où vit la majorité des habitants) est le seul endroit en Amérique du Nord où la Grande Édition 1931 du Message du Graal est ancré. Car, effectivement, l’on ne retrouve l’évangile éternel du Graal 1931 nulle part ailleurs (ou si peu) en Amérique du Nord, que ce soit dans le reste du Canada, aux États-Unis ou au Mexique. Soit la section canadienne du Mouvement international du Graal, dont le siège social est au lac Simon, Québec, et qui, aujourd’hui, est divisé en deux sectes rivales qui se disputent la postérité spirituelle et matérielle de Abdruschin.

Mais s’il y a eu deux peuples qui furent Appelés à servir le Fils de l’Homme, les Allemands et les Tchèques, aujourd’hui il y en a un nouveau en devenir qui se trouve au Québec, en Laurentie: les Frankois. Les adeptes du faux message de Baal de l’Église du Lac Simon arriveront-ils à se dégager de l’influence néfaste d’une institution qui a corrompu le Livre de la Vérité et qui prétend agir au nom de Abdruschin? Avant de pouvoir commencer à construire, la tempête de la grande Purification doit donc souffler pour balayer les tièdes et les ennemis. Et les combattants de la petite troupe des Justes doivent serrer les rangs autour du Fils du Saint-Esprit Abdruschin et de Sa Parole Inaltérée de 1931!

Aux prêtres de Baal qui cherchent à détruire l’Identité et la Mission du Seigneur par le virus de Baal, c’est-à-dire en semant le doute, une fin de non recevoir radicale doit leur être clairement signifiée. Si l’occasion se présente, que ce soit en Laurentie ou ailleurs sur terre, notre conviction doit nous porter à défendre envers et contre tous l’Honneur du Fils de l’Homme contre les serviteurs de Baal.

Les Justes doivent se préparer afin d’être en mesure de commencer l’Édification lorsque le Seigneur le décidera ... et, comme Abdruschin l’a affirmé à la suite de la faillite des 144 000 Appelés dans les années 1930, pour ces derniers, pour les Appelés, tout se fera maintenant autrement. Au Québec, en Laurentie, le Combat des Justes a commencé en 1999.