Néo-Frankois ou Frankois d'adoption?

par JOACHIM LAMBERT


Voilà une question des plus intéressante, à la fois simple et complexe. Au sujet du nom Néo-Frankois, disons au départ que Frankois est synonyme de Québécois-Français et qu’il faut de nos jours distinguer deux choses pour bien comprendre. Il existe deux types de nationalité : la nationalité ethnique de Québécois-Français dont on ne parle pas et surtout dont on ne veut pas parler au Québec de nos jours, même si c'est une réalité sociale, et la nationalité civique de Québécois qui, concrètement, fait référence à la citoyenneté canadienne puisqu’il n’y a pas de citoyenneté québécoise.

Si tous ceux qui habitent le territoire du Québec sont des Québécois, les Québécois ne sont pas tous des Frankois, des Anglo-Québécois, ou des Italo-Québécois. De nos jours, par peur d’être traités de racistes ou d’arriérés, l’élite des nationalistes modernes du Québec tant intellectuelle, politique que journalistique essaie, mais en vain, d'occulter la nationalité civique à la nationalité ethnique, de confondre les deux, ce qui est impossible puisque ces deux types de nationalité sont différents. Cette aberration contribue à la confusion identitaire de notre peuple: lorsqu’ils parlent des Québécois, que veulent-ils dire? Selon le contexte, nous devons deviner. Parfois, mais sans le dire, le nom Québécois fait référence aux Québécois-Français, et parfois, le plus souvent d’ailleurs, ce même mot Québécois fait référence à tous les Québécois.

C’est la mode de nos jours de dire que l’identité civique est inclusive et de taxer l’identité ethnique d’exclusive. Un oncle italien(1) m’a déjà dit, qu’il était contre l’indépendance du Québec parce qu’il voulait que tous les Québécois soient égaux, que les Québécois-Français ne sont pas supérieurs aux autres ethnies. C’est bien mal poser la question, bien mal connaître notre histoire et être de mauvaise foi que de penser cela des Québécois-Français : tous les citoyens du Canada (donc du Québec) ne sont-ils pas égaux devant la loi des hommes? En réalité, comme beaucoup de sa communauté culturelle et comme la majorité des Néo-Québécois, il est contre l’indépendance du Québec parce qu’il ne veut pas que la majorité ethnique québécoise-française domine complètement le Québec; ce n’est pas parce que les citoyens du Québec ne seraient pas égaux devant la loi puisqu’ils le sont déjà. Comme tout groupe ethnique, il prêche pour sa paroisse mais ne l’avouera jamais. Ce que David Rome, un Juif montréalais qui travailla toute sa vie à un rapprochement avec les Canadiens-Français, a déjà dit en interview dans le magazine L’Actualité, s’avère être bien vrai: «Quand vous laissez entrer des gens, tôt ou tard, ils veulent aussi poser leurs propres règles». C’est une loi du comportement humain en groupe.

1. Bien que Québécois-Français d’origine, j’ai une deuxième famille; au décès de ma mère, mon père s’est remarié avec une italienne de l'arrondissement St-Léonard à Montréal.

Selon le Message du Graal 1931, il n'y a qu'une seule identité vraie, de base, c'est la nationalité ethnique qui doit s’efforcer le plus possible de garder son homogénéité, source de personnalité. Cette nationalité, qui fait appel à l'histoire, est étroitement reliée au karma du peuple. Alors que la nationalité civique issue de la Révolution française, est strictement une identité administrative de citoyenneté. Chaque individu sur cette terre n’a qu’une seule identité ethnique (même si en général, dans les faits, elle est le résultat d’un métissage), mais un individu peut avoir plusieurs nationalités civiques, plusieurs citoyennetés, plusieurs passeports.

Au Canada, depuis le recensement de 1996, l'on a introduit le concept de l'ethnie canadienne, un nouveau subterfuge canadian pour essayer d'éliminer tout ce qui peut nuire à l'unité canadienne. Mais, dans les faits, il n'y a pas d'ethnie canadienne ni même d’ethnie québécoise, il n'y a même pas de culture canadienne. La culture canadienne, c'est le multiculturalisme, ce ne peut donc pas être une culture en particulier. Dernièrement à RDI, nous avons vu un témoignage d'un Pakistanais qui après avoir émigré au Canada a finalement décidé de retourner au Pakistan, parce qu’il avait trouvé non pas une culture canadienne mais, parmi une foule de mini-cultures, la culture pakistanaise. En émigrant, il croyait qu’il y avait une culture canadienne, mais il s’est vite aperçu qu’il n’y en avait pas. Installé dans le quartier Parc Extension à Montréal, il dit s’être retrouvé comme au Pakistan. Or, ce n’est pas ce qu’il voulait. En émigrant, il souhaitait s’intégrer complètement à une culture dite canadienne. Mais il n’y en a pas puisque c’est le multiculturalisme. S’il a quitté son pays, ce n’était pas pour reproduire au Canada une copie de sa culture pakistanaise, c’était pour s’adapter à une nouvelle vie et à une autre culture.

Comme tel, il ne peut y avoir de Néo-Frankois, il peut seulement y avoir des Frankois d’adoption. Néo veut dire « nouveau »; or, les nouveaux Frankois peuvent seulement être, karma oblige, de descendance canadienne-française qui sont nés au Canada-Français et au Québec, et ceux des autres ethnies qui, au fil des 400 ans de notre histoire, sont nés ici et se sont assimilés. Les immigrants fraîchement arrivés au Québec qui sont ouverts à la mentalité et aux valeurs de la civilisation québécoise-française peuvent être considérés comme des Frankois d’adoption et des Québécois. Les immigrants peuvent devenir des Frankois d’adoption s’ils épousent la pensée frankoise, les valeurs frankoises, s’ils parlent frankus (le français québécois), etc. Lorsque Duvernay institua la fête de la Saint-Jean Baptiste pour les Canadiens-Français, il se trouvait parmi les convives du banquet quelques Canadiens-Anglais, des Irlandais et des Juifs, mais tous étaient des sympathisants de la lutte canadienne-française : c’est en ce sens que la nationalité de base, bien qu’exclusive sur le plan héréditaire, puisque l’on ne peut changer de corps dans une même vie, est inclusive; elle inclue les esprits qui sont en affinité avec elle sur le plan culturel et spirituel.

Mais l’envers de la médaille est aussi vrai : un Frankois qui renie son groupe d’appartenance et adhère par exemple inconditionnellement à tout ce qui est anglo-saxon ? comme l’ex-premier ministre canadien Jean Chrétien qui se justifiait en disant que l’assimilation fait partie de la vie ?, ne peut plus être considéré comme Frankois, même si, physiquement, il est de descendance canadienne-française, puisque lui-même ne se considère plus comme tel et que pour lui, cela n’a pas d’importance. Si la nationalité ethnique se définissait strictement et uniquement en fonction de son propre sang ou de la race, elle ne pourrait être inclusive puisque les êtres humains d’ethnie et de race différentes ne pourraient s’assimiler à une autre nation ethnique. Cependant, selon les lois de la création, la mixité des races ? noire, jaune et blanche ? est quelque chose qui doit être évité, chaque race devant avoir son territoire pour se développer selon ses possibilités par elle-même et pour elle-même. Il peut y avoir mixité entre les ethnies d’une même race, mais ces ethnies doivent être en affinité. Plus l’affinité est grande, plus l’assimilation est simple et plus l’homogénéité de la nation est protégée. Bien sûr, c’est considéré comme utopique de penser ainsi de nos jours; s’il fallait, par exemple, qu’une nation occidentale affirme officiellement ces règles de conduite, elle serait aussitôt mise au banc des accusés. Si nous comparons de nos jours les peuples occidentaux avec ceux de l’Antiquité, nous sommes vraiment très loin de respecter la Volonté divine sur terre. Mais, éventuellement, lors du Nouveau Règne dont nous sommes sur le seuil, l’humanité n’aura d’autre choix que de se conformer à cette règle de vie. Voilà pourquoi les Frankois qui adhérent à l’Évangile éternel du Graal d’Abdruschin, doivent commencer à y penser.

Avec ce courriel, je vous ai annexé un petit texte que j’ai écrit et intitulé Qu’est-ce qu’une nation ethnique? qui devrait éclaircir en grande partie cette question de l’ethnicité. Dans ce texte, il est fait mention que la race n’est pas l’ethnie et l’ethnie n’est pas la race. L’ethnie diffère de la race en ce que celle-ci est déterminée seulement par les caractères physiques, alors que l’ethnie ? mot tabou ?, comprend tous les caractères humains, qu’ils soient physiques, culturels et spirituels.

En fait, les accusations de «ne pas être inclusif» doivent s’appliquer non pas à ceux qui sont d’accord avec la notion de nationalité ethnique, mais à ceux qui prônent la nationalité civique. En effet, ceux qui sont qualifiés de nationalistes ethnicistes bornés par les nationalistes modernes, ne rejettent pas l’idée d’une nationalité civique, puisqu’ils considèrent que tous les citoyens du Québec sont égaux devant la loi des hommes; alors que c’est le contraire pour les nationalistes civiques qui refusent carrément la notion d’ethnicité comme fondement national et font du surf sur les vagues ethniques, même si l’ethnie frankoise est une réalité sociale incontournable. Pour caricaturer, de ce point de vue, ce sont les nationalistes civiques qui apparaissent comme les méchants et les nationalistes ethniques qui apparaissent comme les bons, et non pas le contraire comme c’est le cas aujourd’hui.

En cette époque du Jugement dernier, l’ethnonyme Frankois est étroitement relié à la Grande édition 1931 du Message du Graal, il en est même la raison d’être. Dans l’avenir, sera Frankois, non seulement celui qui est de descendance canadienne-française (plan physique) et qui adhère à la civilisation québécoise-française (plan culturel et psychologique), mais celui qui aura reconnu l’Enseignement du « Fils du Saint-Esprit » Abdruschin (plan spirituel). Seuls les peuples dont les individus vivront en intuition et qui conformeront leur vie au Message du Graal 1931 seront autorisés à survivre. Dans sa totalité non tronquée, la nationalité ethnique est donc quelque chose de physique, de culturel et de spirituel. Alors que la nationalité civique, c’est simplement la citoyenneté. Une fois cela éclairci, tout devient plus simple.

Aujourd’hui, dans notre monde confus et égaré, seule la nationalité civique a actuellement droit de cité et se croit moralement supérieure, alors que selon les lois de la création c’est le contraire qui devrait être, c’est la nationalité ethnique qui doit avoir préséance. La nationalité civique est une invention de l’intellect, c’est un concept intellectuel qui usurpe tous les devoirs et les droits de la nationalité ethnique. Cette confrontation entre nationalité ethnique et nationalité civique est inévitable et doit être assumée en toute sérénité. Elle est la preuve patente de la guerre de domination que livrent les êtres d’intellect aux êtres d’intuition.

Comme vous pouvez vous en douter, dans la création tout est ordre, tout est en ordre, ce qui implique hiérarchie et frontières. Sur terre, la frontière entre les races et les peuples est quelque chose d’indispensable pour l’évolution spirituelle de l’humanité : c’est l’unité dans la diversité . Avec la mondialisation, c’est l’éclatement et l’abolition de toutes les frontières, de tous les contrôles; c’est l’immigration inconsidérée au nom des droits de l’homme. C’est en fait l’apothéose du faux comme fruit cultivé depuis au moins deux milles ans. Voilà pourquoi il est maintenant plus que temps de commencer à penser correctement. Et les Frankois, comme peuple Appelé à devancer l’humanité en Amérique du Nord? parce que nous sommes les premiers et pratiquement les seuls à connaître le Message du Graal 1931?, doivent être les premiers à penser la notion de nationalité en fonction de la Sainte Parole.

La nationalité est une notion noble et surtout voulue du Créateur. Aujourd’hui, cette justification est non valide aux yeux de nos contemporains, mais cela n’invalide en rien l’exigence divine. Le philosophe allemand Johann Herder (1744-1803), pasteur luthérien qui a ouvert la voie au nationalisme allemand, a écrit avec justesse: «Le maître des mondes a tenu, pour la sécurité de l’ensemble, à ce que chaque peuple ait sa marque, son caractère propre. Les peuples étaient destinés à exister les uns auprès des autres, non à se mêler et à se superposer en s’écrasant mutuellement».

En conclusion, il ne peut y avoir de Néo-Frankois, mais seulement des Frankois d’adoption. Objectivement parlant, le mot Néo-Frankois est un non sens, néo faisant allusion à la nationalité civique et Frankois à la nationalité ethnique. Utiliser un tel terme ne fait que perpétuer sous une autre forme la confusion identitaire de notre peuple.

Les immigrants sont des Néo-Québécois, des nouveaux Québécois sur le plan de la nationalité civique qui, avec le temps pourront possiblement devenir, s’ils le veulent, des Frankois d’adoption sur le plan culturel et spirituel. Ce n’est qu’avec les générations que les descendants de ces Frankois d’adoption deviendront des Frankois dans le sens complet du terme ? physique, culturel et spirituel ?, c’est-à-dire lorsqu’ils se seront assimilés physiquement aux Frankois.