L'origine lointaine des Frankois

par JOACHIM LAMBERT


Le drapeau frankois
Le drapeau frankois

FRANKOIS est le nom de la nouvelle nationalité en devenir des Québécois-Français(1). Introduit officiellement comme ethnonyme dans le grand public en 1996, mais encore largement méconnu, FRANKOIS est le nom des Québécois-Français? c’est-à-dire des Québécois-francophones-de-racines-françaises que l’on appelait avant 1960 les Canadiens-Français?, spirituellement régénérés par l’Évangile éternel du Graal(2) du «Fils du Saint-Esprit» Abdruschin, l’Esprit de Vérité annoncé par le Fils de Dieu Jésus.

1. Voir H. SAINT-HILAIRE, «Qui sont les Frankois?».

2. Soit la Grande Édition 1931 du Message du Graal «Dans la Lumière de la Vérité».

En des temps immémoriaux, la nation FRANKOISE a eu comme lointain ancêtre la nation aryenne. Les Aryens(3) sont les antiques tribus de race blanche dont l’origine remonte à environ 6000 ans dans l’extrême nord-ouest de l’Inde actuelle, et qui émigrèrent peu à peu vers l’Europe en laissant leur marque. Nouveaux venus en Europe, les Aryens n’ont pas anéanti les vieilles populations, ils se sont mélangés avec elles, modifiant ainsi plus ou moins leurs caractères physiques. Ainsi s’explique la diversité des nations ethniques européennes et pourquoi le nom d’Aryens est appliqué généralement à presque la totalité des populations blanches de l’Europe et de l’Asie.

3. Nous demandons ici au lecteur une grande ouverture d'esprit, car le mot aryen doit être saisi dans toute son objectivité historique, c'est-à-dire sans référence à certaines doctrines racistes haineuses des XIXe et XXe siècles qui connurent leur apogée avec le national-socialisme d'Adolf Hitler.

En fait, les Aryens remontent à Krishna, le Héros du Très-Haut, le Préparateur du Chemin de la Vérité sur Terre. Le pays natal de Krishna fut l’ancien Royaume des Ismains, Royaume aujourd’hui oublié dont on n’a plus la trace et qui était situé dans la grande vallée de Katmandou dans l’actuel Népal, à quelques 2000 mètres d’altitude, dans les petites Himalayas. Les Ismains avec leur Prince Ismaël virent grandir le Prince Abd-ru-shin dans leur pays à l’époque de Moïse, soit vers 1200 ans av. J-C. Le Royaume des Ismains qui existait isolé et caché dans les rochers depuis environ 2,5 millénaires, disparut sous les sables après que le Prince Abd-ru-shin l’eut quitté pour aller fonder un nouveau Royaume, le Royaume des Isras à l’extrémité du grand fleuve Nil dans l’actuel Soudan en Afrique et qui, lui aussi, disparut quelques générations après le Départ du Prince Abd-ru-shin.

Après avoir quitté son royaume, le Prince Krishna, envoyé par le Très-Haut, se dirigea seul vers l'ouest et se rendit dans l’actuel Pendjab où, après être entré en contact avec les rois, travailla à l'unification spirituelle et politique des royaumes. C'est la région que le Code des lois de Manou appelle le Brahmavarta, le territoire primitivement habité par les Aryens.

La connaissance des lois de la Création qui fut communiquée aux différents royaumes de l'Hindoustan par Krishna, transforma spirituellement la population en peuple Appelé puisqu'ils furent initiés à la Volonté du Très-Haut sur Terre. D’où leur nom d’Aryens qui signifie «noble», «honorable»: avec l’enseignement de Krishna les habitants du Brahmavarta devinrent des Aryens, c’est-à-dire de nobles femmes et de nobles guerriers.

L'unité de la société aryenne reposait avant tout sur la communauté de croyance et de moeurs comme en témoigne plusieurs siècles plus tard la rédaction du Code de Manou qui expose l'origine divine des castes et les lois à ne pas enfreindre pour en préserver l'homogénéité, les différences et la pureté.

Ainsi naquit avec Krishna une nation ethnique organiquement pure qui développa une langue sacrée, le sanscrit ou l'indo-aryen, une race dont les individus traversèrent de vie en vie les millénaires en portant en eux la connaissance de Dieu, de Sa Volonté, de Ses Lois. Leur noblesse était à la fois spirituelle et sanguine. Ils étaient purs d'esprit et de sang. Spirituellement purs parce que fidèles au Maître de tous les mondes, et organiquement purs parce que exempt de tout métissage avec les races noire et jaune.

Une des branches aryennes ayant cheminé par le Kirghizistan, la Caucasie, la Russie centrale et la Scandinavie, nous retrouvons après une première vague de Germains d’autres descendants des Aryens, les Franks, qui prendront possession du Nord-Ouest de l’Europe. Une troisième vague scandinave de ces descendants aryens, cette fois-ci les Normands, viendra s’installer dans l’actuelle Normandie en France pour finalement traverser l’Océan Atlantique comme Français et fonder la Nouvelle-France, pays d’origine des Canadiens-Français.

Cette grande parenthèse historique est importante, parce qu’elle démontre l’importance de la nation ethnique dans l’histoire de l’évolution spirituelle de l’humanité: parallèlement aux liens du sang, existe, pour chaque individu, une réalité spirituelle qui prend racine et se développe dans la nation ethnique. L’hérédité a peu à voir, sinon comme support physiologique, avec la nation ethnique; car, comme l’a bien spécifié Lionel Groulx(4) dans sa correspondance, «il n’existe point d’hérédité spirituelle ou morale proprement dite».

4. Lionel Adolphe Groulx (1878-1967), prêtre catholique (chanoine [dignitaire ecclésiastique]), historien, romancier et essayiste. Il a fait ses études au séminaire de Sainte-Thérèse au Québec (aujourd’hui devenu le Cégep Lionel-Groulx), au séminaire de Montréal, à l’Université de Fribourg en Suisse, à l’université de la Minerve à Rome. Professeur au collège de Valleyfield, au Québec, de 1903 à 1906, il a aussi été fondateur de la chaire d’histoire du Canada de l’Université de Montréal et professeur au département d’histoire du Canada à cette même université de 1915 à 1949. Il a aussi été fondateur, en 1946, de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française et directeur de la Revue d’histoire de l’Amérique française depuis sa fondation en 1947 jusqu’à son décès en 1967. Membre-fondateur, en 1944, de l’Académie canadienne-française, l’abbé Groulx est considéré comme le maître à penser des nationalistes canadiens-français du début du XXe siècle jusqu’au début de la Révolution tranquille de 1960 et l’historien national des Québécois-Français et des Canadiens-Français. Entre autres ouvrages, il a publié en 1950/52, Histoire du Canada français depuis la découverte. Il a aussi été le directeur de L’Action française de 1920 à 1928, une revue qui, plus tard, prendra le nom de L’Action nationale et qui est encore publiée de nos jours.

L’être humain étant un esprit doué de libre volonté – de libre arbitre –, un FRANKOIS peut donc décider de renier et/ou d’abandonner, même s’il en porte les caractères physiologiques, son ethnie d’appartenance pour une autre ethnie en adoptant des valeurs étrangères: même s’il est de lignée canadienne-française, il devient alors de moins en moins FRANKOIS sur le plan spirituel, psychologique, culturel et linguistique, tout en continuant à porter les traits physiques spécifiquement FRANKOIS. Par ailleurs, un non-FRANKOIS peu très bien décider d’abandonner sa culture d’origine au profit de la culture FRANKOISE qui, éventuellement, sera reliée à l’Évangile éternel du Graal. Il devient donc alors spirituellement, psychologiquement, culturellement et linguistiquement, de jour en jour de plus en plus FRANKOIS même s’il conserve les traits physiologiques qui le distinguent des FRANKOIS. S’il le désire, il épousera une FRANKOISE et pourra même jusqu’à changer son nom afin que ses enfants soient identifiés comme FRANKOIS.

Est FRANKOIS d’origine celui qui, avant tout, conforme sa vie à la Parole de Vérité tel qu’expliqué par Jésus et Abdruschin, et qui hérite de naissance la culture FRANKOISE, ce qui présuppose une ascendance canadienne-française de filiation patrilinéaire. La culture d’une ethnie se développe au cours des siècles par les affinités que les enfants, qui ont choisi de s’incarner dans une nation ethnique particulière, partagent avec leurs parents. La culture est donc inévitablement tributaire non pas de l’hérédité dans le sens strict du terme puisque la culture n’est pas transmissible par les gènes, mais tributaire de la filiation parentale qui, elle, est biologique.

«La nation est toujours la somme de son histoire, et cette histoire est le résultat de facteurs politiques, culturels et sociaux, non de facteurs biologiques»(5). La nation ethnique n’est donc pas exclusivement biologique, elle est avant tout spirituelle et englobe l’aspect héréditaire. La nation est spirituelle et, à cause de cela, l’appartenance spirituelle à une nation à l’intérieur d’une race ne peut donc pas aboutir à l’exclusion pour des raisons biologiques. Le dictionnaire Quillet-Grolier (1967) donne aussi cette juste définition de l'ethnie conforme à l'étymologie: «Groupement humain ... caractérisé par l'ensemble de ses caractères somatiques, linguistiques, culturels et mentaux»(6).

5. A. MOELLER VAN DEN BRUCK, Das Drite Reich, cité dans H. SAINT-HILAIRE, Le Troisième Règne, Chapitre 33 : L’idée de la nation chez les jeunes-conservateurs allemands et chez Arthur Moeller van den Bruck.

6. Voir H. SAINT-HILAIRE, Frankois, Chapitre 2 : Qu’est-ce qu’une nation ethnique?

Si, comme le dit Lionel Groulx, la vie nationale n’est pas un déterminisme biologique transmis par le sang, mais une activité spirituelle? c’est-à-dire une activité relative à l’esprit en l’être humain?, la vie nationale s’appuie néanmoins sur l’hérédité, car c’est de père en fils que les valeurs culturelles se transmettent. Selon l’historien Pierre Trépanier(7), pour Lionel Groulx: «La nation ne survit que par l’opération de la conscience des personnes qui la composent. Mais la conscience ne s’exerce pas à vide, elle porte sur une réalité historique, une communauté de culture engendrée historiquement», c’est-à-dire engendrée de père en fils. Si la filiation et la naissance ne mettent pas automatiquement au monde une personnalité nationale puisque celle-ci prendra naissance par l’éducation et le milieu, elle met cependant au monde un individu déjà prédisposé par son karma(8) à appartenir sur le plan spirituel à une nation ethnique/culturelle bien précise.

7. Pierre Trépanier (né en 1949) est professeur au département d’histoire de l’Université de Montréal et enseigne l’histoire du Québec et du Canada de 1830 à nos jours, ainsi que l’histoire intellectuelle et religieuse du Québec et du Canada.

8. Dans la religion hindoue, le karma est l’enchaînement des actes de chaque être humain et des conséquences qu’ils entraînent sur son destin tout au long de ses réincarnations successives. C’est la loi de la réciprocité des effets ou du retour des choses, c’est récolter au centuple ce que l’on a semé en bien ou en mal.

Pour ceux qui seraient tenté de le faire, il serait donc inexact et inutile de parler de nous, Québécois-Français, comme étant des Aryens à la manière des germanistes allemands du XXe siècle, ou encore de se considérer comme des Français. Nous sommes des Québécois-Français et des Québécois-Français nouveaux, c’est-à-dire des FRANKOIS.

La nature spirituelle n’a pu représenter les caractères essentiels de l’humanité en des gradations très variées que dans les individus et dans les individualités les plus générales, c’est-à-dire les peuples. Pour que la divinité (la Volonté de Dieu, les lois naturelles) se reflète dans l’humanité comme dans son miroir adéquat, il faut qu’en toute liberté chaque nation, et au sein de cette nation, tout individu se développe et se forme conformément à l’individualité de la collectivité ou à son individualité propre»(9).

9. JOHANN GOTTLIEB FICHTE (1762-1814), Treizième discours à la nation allemande. Les parenthèses sont de nous.

La diversité des génies nationaux est voulue de DIEU, voilà pourquoi chaque peuple doit être respecté pour ce qu’il est comme condition à son évolution:

Le maître des mondes a tenu, pour la sécurité de l’ensemble, à ce que chaque peuple et chaque clan ait sa marque, son caractère propre. Les peuples étaient destinés à exister les uns auprès des autres, non à se mêler et à se superposer en s’écrasant mutuellement»(10).

10. JOHANN GOTTFRIED HERDER (1744-1803), Idées sur la philosophie de l’histoire de l’humanité.

Selon Abdruschin,

Seul le développement de sa propre culture est un progrès véritable pour chaque peuple! Culture adaptée au sol, au climat et à la race! Il faut que l’être humain soit enraciné à son terroir, dans le sens le plus pur du terme, s’il veut croître et s’attendre à une aide de la Lumière! Qu’il n’adopte surtout pas les us et coutumes de peuples étrangers ni les conceptions étrangères. L’enracinement au terroir est la condition fondamentale qui seule garantit guérison, force et maturité!(11)

11. ABDRUSCHIN, Résonances du Message du Graal 1, Exposé 32, «Beauté des peuples».

C’est pourquoi l’homogénéité ethnique? contrairement à ce que disent par exemple les politiciens canadians qui se réclament de la pensée de Pierre Elliott Trudeau(12)?, doit être préservée: elle protège et garantie la différence. D’ailleurs, sans cette homogénéité ethnique/culturelle que les multiculturalistes invétérés condamnent avec véhémence et cherchent à faire disparaître au nom de la religion des droits de la personne, le multiculturalisme est un non-sens. Les nations ethniques/culturelles doivent maintenir leur caractère organique, la «pureté», l’homogénéité ethnique de leur descendance, de leur race, qui, en principe et à certaines conditions, n’exclut pas le métissage, parce que cela garantit aux individus un ancrage sain sur la terre. Il faut cependant savoir que, sur le plan strictement biologique, en évitant de se mélanger induement avec les autres par les mariages mixtes interraciaux, les individus se préparent un avenir meilleur; et cela conformément à la loi de Mendel.

12. Pierre Elliot Trudeau (1919-2000), originaire de Montréal au Québec, de père canadien-français et de mère canadienne-anglaise, avocat, professeur de droit à l’Université de Montréal de 1961 à 1965, farouche adversaire du nationalisme québécois, premier ministre du Canada de 1968 à 1979 et de 1980 à 1984 ; l’un des fondateurs de la revue Cité libre en 1949. En 1982, P.-E. Trudeau rapatriera unilatéralement de Londres, c’est-à-dire sans le consentement des Québécois-Français et du gouvernement québécois, la constitution canadienne (avec le traité de Westminster de 1931, le Canada, colonie britannique, devient un pays indépendant, mais sa constitution demeurera en Angleterre), et imposera le multiculturalisme au lieu du biculturalisme anglais/français suggéré par la commission Laurendeau-Dunton sur le biculturalisme, tout en instaurant, à cause de la présence historique des Canadiens-Français, le bilinguisme dans les institutions et services du gouvernement fédéral canadien.

La loi de l’hybridation et de l’hérédité a bien été démontrée scientifiquement par le moine botaniste autrichien Johann Mendel (1822-1884). Comme créature, l’être humain avec son corps physique est soumis aux mêmes lois naturelles que les plantes et les animaux. Même si depuis la fin de la Deuxième guerre mondiale 1939/45 la folie hitlérienne continue à hypothéquer depuis 64 ans le libre épanouissement de la nation ethnique/culturelle, tenir un tel langage est aujourd’hui encore considéré comme répréhensible et raciste dans le sens péjoratif du terme, cela ne lui enlève rien de sa vérité fondamentale ancrée dans la Volonté divine.

Historiquement parlant, les Canadiens-Français étaient de religion catholique, de langue française et de race blanche. Mais les FRANKOIS, eux, sur le plan spirituel, sont reliés, non pas à la religion institutionnelle de leurs ancêtres, mais à l’Évangile éternel du Graal(13) . Seule la régénération intérieure? c’est le premier pas?, que doit provoquer en nous l’Enseignement du Fils de l’Homme pourra faire naître, le moment venu, la réforme/révolution sociale tant souhaitée? c’est le deuxième pas?, qui permettra à la beauté et à la noblesse FRANKOISE de s’imposer dans notre patrie laurentienne(14).

13. Soit la Grande Édition 1931 du Message du Graal, et non pas l’édition tronquée 1949/51 de l’Église du Vomperberg, le Mouvement International dit du Graal; voir H. SAINT-HILAIRE, L’histoire d’une imposture dévoilée.

14. La patrie laurentienne des FRANKOIS est la Laurentie, soit la grande vallée du fleuve Saint-Laurent au Québec, Canada, qui, historiquement, correspond grosso modo à la quinzième colonie britannique d'Amérique du nord, soit la Province of Québec de 1763.