Qui sont les Frankois

par JOACHIM LAMBERT


Le drapeau frankois
Le drapeau frankois

FRANKOIS est l’ethnonyme, le nom des Québécois-Français et de toute la nation canadienne-française régénérée par la Grande Édition 1931 du Message du Graal. Il a été rendu public pour la première fois dans la revue L’Action nationale du mois de mars 1996 alors que Monsieur Rosaire Morin(1) en était le directeur. À ce moment, nous n’avions fait qu’introduire le nom FRANKOIS pour les Québécois-francophones-de-racines-françaises, ne parlant pas encore de son fondement spirituel, c’est-à-dire de l’essentiel; ce dont il sera maintenant question.

1. Rosaire Morin (1922-1999), journaliste et essayiste, président des Jeunesses laurentiennes de 1941 à 1948. Il travaille à diffuser le drapeau fleurdelysé du Québec dès son adoption par le gouvernement en 1948. En 1966/69, il est responsable de la mise sur pied des États généraux du Canada français, où il fut décidé que, dorénavant, les Canadiens-Français du Québec s’appelleraient Québécois. De 1993 à 1999, il sera directeur de la revue nationaliste L’Action nationale.

La nation FRANKOISE naît à partir des 82% de Québécois-Français. Pour nous nommer, Québécois francophone ou Canadien francophone sont des termes inappropriés et incomplets parce que d’une part, ces noms font seulement référence à la société civique(2) et, d’autre part, parce que francophone est une qualité non une identité: en effet, sans hésitation nous pouvons affirmer que l’actuelle reine d’Angleterre Élisabeth II est francophone: elle parle le français; tout comme l’actuel Premier ministre du Québec (nous sommes en octobre 2009) Jean Charest est anglophone: il parle l’anglais. Pour ce qui est de Canadien ou Québécois-francophone-de-racine-française, les individus qui forment cette nation peuvent-ils porter un tel nom? Évidemment pas; cette périphrase représente tout, sauf le nom de peuple.

2. Civique: qui est relatif au citoyen, le citoyen étant le ressortissant d’un État.

Objectivement et historiquement parlant, les ancêtres des FRANKOIS étaient de race blanche, de religion catholique et de langue française. Pour ce qui est de la langue française, il ne faut pas oublier que la Nouvelle-France a réalisé son unité linguistique un siècle et demi avant la France et que le français a été pratiqué ici comme langue nationale. En effet, si vers 1700 les Canadiens avaient réussi à unifier leur langue, la France était loin d’être parvenue à le faire, car en 1789 au moment de la Révolution française, sur une population de 25 millions d’habitants, pas plus de trois (3) millions d’individus maîtrisaient vraiment la langue française. On dénombrait alors 30 patois provinciaux encore bien vivants.

Pendant le premier Canada, donc avant la Conquête britannique, nos ancêtres étaient des Canadiens; pendant le deuxième Canada, donc depuis la Conquête, les Britanniques s’étant approprié notre nom, nous sommes devenus des Canadiens-Français; et depuis les années 1960 nous utilisons le mot Québécois, terme emprunté au nom de la province de Québec. Historiquement, Québécois découle donc du toponyme Québec qui fut donné au Canada par le conquérant britannique lorsqu’il changea le nom de Canada, le pays des Canadiens, en celui de Province of Québec en 1763, le mot province signifiant «colonie». De plus, étymologiquement parlant, Québec veut dire: «là où c’est bouché». L’histoire du Canada français, c’est l’histoire d’un karma.

FRANKOIS qui signifie «homme libre», est un emprunt au francique frank ou à l’allemand Franke qui signifient «libre». Les Franks – ou Francs –, tribu germanique, furent à l’origine de la formation de la nation française. Avec les siècles, la Francia, c’est-à-dire le pays des Franks, est donc devenu la France, le pays des Français qui formèrent la langue française.

Iris versicolores

Comme pour un nom de personne qui représente exactement l’esprit qui l’habite, le choix de FRANKOIS nous a été inspiré en 1990 par le nom Fransaskois, le nom que les Canadiens-Français de la province canadienne de la Saskatchewan se sont donnés.

Quelques semaines plus tard, nous avons pu constater que le nom FRANKOIS avait été repris dans une lettre du courrier des lecteurs dans le journal Le Devoir de Montréal par un résident de la municipalité de Richelieu, au Québec. Dans cette lettre, l’auteur écrivait Franquois avec le qu. Comme toujours, toute nouveauté a vite tendance à être déformée. Or, il n’y a pas de hasard pour l’emploi du k. La consomne k apparaît plus franche, moins diluée au son que le qu et respecte le mot frank dont l’étymologie «libre» demeure alors non déformée dans son orthographe, donc à l’abri des subtilités intellectuelles. Le k prononcé comme il devrait l’être, c’est-à-dire de manière sec, stimule le cervelet, l’organe de l’intuition. À lui seul, le k représente toute la transformation, la renaissance d’un peuple à la vie spirituelle. C’est une lettre-clé. Aussi, n’est-il pas question de la remplacer par les autres lettres qui donnent le même son, comme le c, le ch ou le qu. Nous devons assumer cette lettre car elle est libératrice. Pour ceux qui voient le k comme inhabituel en français, cette consomne est importante parce qu’elle réveille: le k réveille! Pour employer une expression du sociologue Jacques Grand’Maison, ce n’est pas une lettre molle. C’est une lettre forte, comme en allemand. Ici, l’esprit allemand et l’esprit FRANKOIS se rejoignent. C’est une lettre forte, comme les Québécois-Français doivent maintenant le devenir! Et cela implique un effort sur nous-mêmes! Ce qui ne plaît pas! FRANKOIS est un nom qui représente en partie ce que nous sommes et en partie ce que nous devons devenir … en l’Honneur du Très-Haut!

Si les Québécois-Français, en voie de consumer leur histoire et de se libérer de leur passé karmique, sont fidèles à la Volonté de Dieu telle qu’expliquée par Abdruschin dans la Grande Édition 1931 du Message du Graal, ils auront droit à l’existence en tant que peuple Appelé avec les autres peuples Appelés de la Terre, c’est-à-dire avec les peuples intérieurement évolués appelés à survivre spirituellement et physiquement à la Grande Épuration pour édifier le Règne de Dieu sur Terre. Et ce, malgré l’actuelle assimilation galopante au Canada anglais, l’immigration inassimilable et le fait que les Québécois-Français et les Canadiens-Français soient en voie d’extinction parce que les générations ne se renouvellent plus.

Il y a maintenant 59 ans, juste au moment où, au Québec, débutait une remise en question de la culture canadienne-française, l’historien des civilisations, diplomate anglais et conseiller au Foreign Office(3) Arnold Toynbee(4) prophétisait ceci au sujet des Canadiens-Français:

3. Le ministère des affaires étrangères de Grande-Bretagne.

4. Arnold Toynbee (1889-1975), il a publié Study of history en 12 volumes de 1934 à 1961 dans laquelle il élabora une théorie cyclique des civilisations.

J’ai l’idée que le peuple de l’avenir dans les Amériques pourrait bien être les Canadiens-Français. Si l’humanité est destinée à connaître enfin des jours heureux, alors je prédirais qu’il y a un avenir dans l’Amérique du Nord pour les Canadiens-Français. Quoiqu’il arrive, je ne crains pas d’affirmer que ces Canadiens de langue française seront là pour vivre les dernières heures de l’humanité dans l’Amérique du Nord.(5)

5.A. TOYNBEE, dans The World Review, 1949.

Déjà, en juillet 1922 – donc il y a 87 ans – , Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve(6), prêtre catholique et futur cardinal de Québec, disait sensiblement la même chose avec son langage ecclésiastique dans la revue L’Action française:

6. Jean-Marie Rodrigue Villeneuve (1883-1947). Prêtre oblat de Marie-Immaculée (communauté religieuse de pères et de frères missionnaires fondée en 1816 en France dont l’objectif originel était de rechristianiser les campagnes après la Révolution française de 1789; la communauté s’établit pour la première fois au Québec, à Saint-Hilaire, en 1841). Évêque et archevêque de Québec de 1931 à 1947 et promu cardinal en 1933.

Que la vocation surnaturelle de la race française en Amérique acquière son plein épanouissement, que l’indépendance politique rêvée mette notre nationalité dans le rôle auguste auquel la dispose comme de longue haleine l’éternelle Providence; qu’elle devienne ainsi le flambeau d’une civilisation idéaliste et généreuse dans le grand tout que fusionne l’avenir américain; qu’elle soit en un mot, au milieu de la Babylone en formation, l’Israël des temps nouveaux, la France d’Amérique, la nation-lumière et la nation-apôtre: c’est une divine faveur qu’il y a lieu de demander et dont il est sage et religieux de nous rendre dignes par la réflexion et le courage qui font les peuples grands.(7)

7. J. LACOURSIÈRE, Histoire populaire du Québec, vol. 4, p.155.

Comme peuple, les Frankois sont Appelés. Nous sommes appelés à édifier le Règne du Graal en Laurentie, donc à vivre selon la Volonté d’IMANUEL/PARZIVAL/ABDRUSCHIN.

Être appelé est une chose tout à fait particulière. Déjà, le Christ disait, avertissant: Beaucoup sont appelés, mais, seulement peu d’entre eux sont élus! Cela veut dire que, parmi les appelés, seulement peu parviennent au fait de l’Accomplissement, parce que, cet accomplissement, ils doivent l’amener eux-mêmes, par une volonté de fer, une activité inlassable, un labeur acharné. Et comme il en est pour les individus, il en est de même pour les peuples! Être appelé signifie exclusivement porter en soi la capacité pour l’accomplissement, mais non que cet accomplissement soit jeté tout prêt dans les bras de l’appelé. Ce n’est que lorsque l’appelé, donc celui qui est doué à cette fin, met tout en œuvre, qu’il utilise sans restriction ses aptitudes avec un zèle ardent et imperturbable, avec une aspiration ferme une combativité tenace, que lui vient alors des Hauteurs une aide extraordinaire qui le conduit à la victoire, donc à l’accomplissement de son Appel […]

Un Appelé reçoit en main l’épée de la victoire pour le combat, au moyen de ses capacités. Mais c’est à lui-même qu’il appartient constamment de la manier et de frapper.(8)

8. ABDRUSCHIN, Grande Édition 1931 du Message du Graal, Exposé 83, «Appelé». Cet exposé a été supprimé dans l’édition tronquée 1949/51 et les subséquentes du Message du Graal de l’Église du Vomperberg – Mouvement International du Graal.

Depuis 1929 nous sommes en plein Règne du Saint-Esprit ou ère du Verseau(9) et les esprits incarnés dans la nation québécoise-française, qui l’ont été à leur demande et/ou qui sont en recyclage dans «ce Québec pas comme les autres»(10) , doivent maintenant répondre de leurs actes selon la Volonté divine. Depuis le 8 mars 1999, le temps de la moisson est maintenant venu pour le Québec.

9. Voir H. SAINT-HILAIRE, Le Troisième Règne, Chapitre 5: Le début du troisième règne.

10. L’expression est de monsieur Jean-Paul Mongeau.

Il est voulu du Très-Haut que l’humanité soit divisée en races et ethnies et l’ethnie québécoise-française, FRANKOISE, devra exprimer le genre qui lui est propre. Nous ne vivons point entre ciel et terre. Le moment venu, nous devrons commencer à édifier un ordre culturel nouveau, spirituellement purifié, enraciné dans notre sol, en veillant de plus en plus rigoureusement à ce qu’aucune coutume, aucune habitude étrangère ne puisse s’y glisser à moins que celle-ci soit conforme à notre nature(11). L’influence étrangère n’est pas quelque chose d’indispensable pour l’évolution spirituelle terrestre puisque, par la réincarnation, nous pouvons, si nécessaire, nous parfaire dans d’autres peuples. De plus, comme l’a expliqué avec justesse Lionel Groulx(12), les différences individuelles à l’intérieur d’un même peuple sont suffisamment stimulantes pour contrer toute stagnation.

11. Voir H. SAINT-HILAIRE, La Laurentie, pays frankois.

12. Lionel Adolphe Groulx (1878-1967), prêtre catholique (chanoine [dignitaire ecclésiastique]), historien, romancier et essayiste. Il a fait ses études au séminaire de Sainte-Thérèse au Québec (aujourd’hui devenu le Cégep Lionel-Groulx), au séminaire de Montréal, à l’Université de Fribourg en Suisse, à l’université de la Minerve à Rome. Professeur au collège de Valleyfield de 1903 à 1906, il a aussi été professeur d’histoire du Canada à l’Université de Montréal de 1915 à 1949. Fondateur, en 1946, de l’Institut d’Histoire de l’Amérique française et directeur de la Revue d’histoire de l’Amérique française depuis sa fondation en 1947 jusqu’en 1967. Membre-fondateur, en 1944, de l’Académie canadienne-française. L’abbé Groulx est considéré comme le maître à penser nationaliste canadien-français du début du XXe siècle et l’historien national des Canadiens-Français ; entre autres ouvrages, il a publié en 1950/52, Histoire du Canada français depuis la découverte. Il a aussi été le directeur de L’Action française de 1920 à 1928, une revue qui, plus tard, prendra le nom de L’Action nationale.

Est FRANKOIS, celui qui se décide à porter, le front dégagé, le destin de sa véritable nationalité Dans la Lumière de la Vérité. «Souviens-toi d’où tu es tombé!» nous dit le livre de l’Apocalypse de Jean: «Allons! Rappelle-toi d’où tu es tombé, repens-toi, reprends ta conduite première»(13). Du point de vue spirituel, les FRANKOIS se souviennent d’où ils sont tombés, d’où ils viennent: du Paradis, le Royaume spirituel des esprits humains. Leur esprit se souvient pourquoi ils sont venus sur cette planète: ils sont venus pour se reprendre en main et pour que, enfin, la Volonté de Dieu soit faite sur la terre laurentienne comme au ciel. Notre devise en témoigne: «Je me souviens!»

13. Apocalypse 1,5.