Le bouchardisme à la tête de la commission sur les accommodements raisonnables

par JOACHIM LAMBERT, le 12 février 2007


De nos jours, la génération spontanée de la nation civique de Gérard Bouchard(1) défend la négation absolue de la notion d’ethnicité, bien comprise par Lionel Groulx, et qui n’a rien de raciste. Le racisme prend son origine dans l’orgueil de supériorité sur les autres ethnies, ce qui ne fut jamais le cas chez l’abbé Groulx.

1. Gérard Bouchard, historien, sociologue, démographe, chercheur et professeur né en 1943 à Jonquière au Québec (frère de l’ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard). Directeur fondateur de l’Institut interuniversitaire de recherche sur les populations. Il fait ses études à la faculté des sciences sociales de l'Université Laval de Georges-Henri Lévesque avec Fernand Dumont et Léon Dion. Après avoir obtenu une maîtrise en sociologie en 1968, il entre à l'Université de Paris et obtient son doctorat en histoire en 1972. Devenu professeur à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), il publie sur la génétique des populations et la démographie du Québec. Avec son essai Genèse des nations et cultures du nouveau monde, il a pris la tête de l'école historique néo-nationaliste. Le chercheur Ronald Rudin lui a reproché d'être un révisionniste. Le 8 février 2007, il est nommé co-président de la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles.

La pensée de Gérard Bouchard défend l’identité culturelle frankoise déformée. C’est la langue française réduite à un simple instrument de communication « soit comme langue maternelle, soit comme langue d’usage, soit comme langue seconde ou tierce ». C’est la nation francophone « à laquelle chacun peut participer et appartenir à raison de sa maîtrise de la langue », une nation où le dénominateur commun est exclusivement la langue française. C’est le concept de nation qui « se confond avec la francophonie, celle-ci étant définie de façon large, comme le regroupement de tous ceux qui sont en mesure d’utiliser la langue française (que celle-ci soit leur langue maternelle, leur langue d’usage principale, une langue seconde ou même tierce) et d’ainsi participer à la vie publique ». Le bouchardisme, c’est la francophonie désincarnée c’est la nation civique à degré d’ethnicité zéro qui fait table rase du passé.

Le bouchardisme, c’est plus que le reniement de notre identité c’est l’abandon absolu et voulu de la personnalité frankoise! Gérard Bouchard, c’est la hache qui travaille à abattre la forêt et dont le manche est fait du bois de cette même forêt : « Voyant venir la hache dans la forêt, les arbres se disent : le manche est des nôtres » (proverbe haïtien). Le bouchardisme, c’est le déracinement de la personnalité frankoise! Et déraciner, désoucher, égale dépayser. Le bouchardisme, c’est une véritable coupe à blanc identitaire au nom d’une nation virtuelle dont la fondation intellectuelle est faite de matière morte et qui est déconnectée de la vie historique! Aucune vision, c’est l’utopie des dogmes à son meilleur. La base de l’identité consiste pourtant à savoir d’où l’on vient et à perpétuer ce que la nation a de meilleur pour la postérité. Lui, qui est historien, ne le sait-il pas?

Ce déracinement que prône G. Bouchard, va jusqu’à vouloir «réaménager» – un bel euphémisme pour ne pas dire «faire disparaître» – nos symboles identitaires comme notre devise Je me souviens pour nous aider, nous dit Gérard Bouchard, «à surmonter les vieilles peurs et les vieilles inhibitions collectives, à déborder les replis défensifs, les visées renfrognées, à passer de la survivance à l’émergence»! Ainsi donc, «l’émergence» hors de la «survivance» passe-t-elle par le reniement de ce que nous sommes, par le combat, comme l’a déclaré la ministre Louise Beaudoin dans une entrevue le 10 janvier 2001 au journal Le Monde, contre les «Yves Michaud et compagnie, représentants de la vieille ethnie canadienne-française».

Ainsi donc, pour vaincre leurs supposées « inhibitions collectives » les Frankois doivent se faire hara kiri. La plus grave erreur du nationalisme politique/civique, c’est de croire que les Frankois peuvent se détacher de leur passé et s’ouvrir impunément à tous les vagabondages ethniques dans leur pays. Cet abandon sur fond de reniement sous prétexte d’ouverture aux autres, fait que, désormais, l’on bâtit dans le vide : c’est un empêchement funeste à l’éclosion de toute personnalité. Avec un tel système de pensée capitulatoire, nous n’avons pas besoin d’ennemi !

En Occident, à cause d’Adolf Hitler qui a traîné l’ethnicité et la notion de nation ethnique dans la boue, les Alliés ont démonisé cette notion et réussit à l’identifier à un mal à éradiquer. Non sans raison, elle est aujourd’hui associée au mal et aux ténèbres. Mais rejeter, détruire une notion sous prétexte qu’elle serait fausse alors qu’elle est objectivement vraie, ou encore vouloir l’éradiquer parce qu’elle ne fait pas notre affaire, tout cela relève de la tromperie intellectuelle. Il est temps que cesse cette aberration au sujet de l’ethnicité et de la nation ethnique, coupable de grandes confusions sociales comme le multiculturalisme. D’ailleurs, il n’y aurait pas de civilisation américaine si, à la base, à l’origine, il n’y avait pas eu l’ethnie anglo-saxonne ! En ce règne de l’imposture, il est temps que l’ethnicité soit enfin pleinement reconnue et proclamée au niveau de la pensée, de la parole et de l’action. Même si les hommes ont détruit sa noblesse de sens, l’ethnicité doit retrouver ses lettres de noblesse et être entièrement assumée par l’humanité parce que, dorénavant, la promotion de l’être humain sur terre passe uniquement par le respect intégral de la Volonté divine. Malgré tous les négationnistes de l’ethnicité, il est évident, comme le dit le proverbe, que « la caque sent toujours le hareng », c’est-à-dire qu’on se ressent toujours de son origine, de son passé. Autrement dit, comme l’a écrit Alexis de Tocqueville : « Les peuples se ressentent toujours de leur origine. Les circonstances qui ont accompagné leur naissance et servi à leur développement influent sur tout le reste de leur carrière ».

Nous ne vivons pas entre ciel et terre. Tous les êtres humains ont une origine ethnique : cela est voulu du Créateur; même ceux qui ne croient pas en Dieu y sont subordonnés ! Que ce soit pour sa santé ou pour la vie sociale, tout n’est pas permis à l’homme. Il ne peut impunément violer les lois de la nature sans en subir les dures conséquences.

La naissance, le développement et la floraison de la nation ethnique fait partie intégrante des Lois de la Création, lois que l’être humain doit s’efforcer de comprendre et de respecter afin de s’adapter à son court passage sur terre. La nation ethnique/culturelle est le fondement social pour sa maturation spirituelle dans le cadre de laquelle son activité personnelle peut pleinement se déployer. La Beauté des peuples devient manifeste lorsque les hommes sont conduit par une pensée spirituelle unitaire, c’est-à-dire lorsque les individus qui composent la nation ethnique vibrent et regardent ensemble dans la même direction, comme sont appelés à le faire les Québécois-Français devenus Frankois. La pensée unitaire – une autre notion tabou rejetée par la rectitude politique du nationalisme civique – n’est pas synonyme ici de : suivre comme des moutons en pensant unilatéralement, aveuglément, tous ensemble exactement la même chose en même temps. Au contraire, la pensée unitaire est spirituelle et, à ce titre, implique la plus grande responsabilité de conscience face au Créateur et face aux hommes.

Les dirigeants de peuples et les intellectuels matérialistes dénués d’intelligence spirituelle sont aujourd’hui tous coupables devant le Très-Haut, car ils portent atteinte aux lois de l’évolution humaine en reniant le sens profond, c’est-à-dire spirituel, de la nation ethnique.

Les intellectuels comme Gérard Bouchard, Pierre Elliott Trudeau et toute la gente politique souverainiste québécoise avec leur concept de nation civique qui renie la nation ethnique, se trompent lorsqu’ils affirment que, pour évoluer, l’humanité doit dépasser l’ethnicité de Lionel Groulx. C’est une prétention humaine non conforme à la Volonté Divine, strictement intellectuelle, donc superficielle et morte parce qu’elle est complètement déconnectée de la vie.

Même si depuis la folie hitlérienne qui continue à hypothéquer depuis 64 ans le libre épanouissement de la nation ethnique, tenir un tel langage est aujourd’hui considéré comme répréhensible, parce que supposément intolérant, xénophobe et raciste, cela ne lui enlève rien de sa vérité objective fondamentale. Dès lors, toute affirmation du contraire est révolte contre DIEU qui doit trouver sa fin dans l’effondrement! Ici, ce n’est pas la notion de la nation ethnique qui doit être réprouvée et condamnée, mais bien l’humanité? l’élite intellectuelle en tête, avec les gouvernements ? qui, dans son immaturité, dans son involution et son aveuglement, est incapable de faire la différence entre la notion elle-même et l’utilisation que l’on en a fait.

Le Premier ministre Jean Charest a très bien choisit son président pour la Commission de consultation sur les pratiques d’accommodements reliées aux différences culturelles. Gérard Bouchard fait partie de cette élite pro-multiculturaliste qui abhorre tout ce qui est favorable au peuple frankois: c’est presque congénital. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, c’est une honte d’avoir un préjugé favorable pour son peuple d’appartenance. Comment faire autrement lorsque l’on prône le nirvana identitaire, soit la dissolution de l’identité frankoise au nom d’un grand tout identitaire universel impersonnel.

«Et maintenant, on s’aperçoit que cet équilibre-là (façonné par le multiculturalisme), il était plus superficiel qu’on croit ou il est en train de se défaire» (Gérard Bouchard).

(Note: Sauf la citation de Lionel Groulx, toutes les autres citations sont de G. Bouchard).