Ethnomasochisme bouchardien

par JOACHIM LAMBERT (le 2 juin 2008)


Gérard Bouchard, grand bonze de la religion multiculturelle, qui prône le grand effacement à petit feu des Frankois devant la «richesse» incommensurable des autres cultures, est atteint de ce qu’il est convenu d’appeler de la maladie de l’ethnomasochisme.

Un abîme identitaire sépare le peuple des universitaires, des journalistes et des carriéristes parlementaires. C’est à se demander s’ils sont issus du même peuple. Comme vous le devinez, l’ethnomasochisme est la tendance masochiste à culpabiliser sa propre ethnie, son propre peuple. Ces personnes recherchent la douleur identitaire et l’humiliation. C’est une psychopathologie élitiste extrêmement répandue, même en Europe. L’ethnomasochisme s’apparente à la honte et à la haine de soi provoquée par un long travail de propagande canadian, néo-libéral et même socialiste (social-démocrate), en faveur d’une prétendue culpabilité fondamentale des Frankois d’être majoritaires dans la Province of Québec face aux autres ethnies dont nous serions les petits oppresseurs: des tyranneaux complexés.

Ce travail de lavage de cerveau est une véritable imposture historique, c’est de l’auto-racisme. Les Frankois sont donc coupables d’être ce qu’ils sont. Tout le monde a tendance à y adhérer sans trop savoir pourquoi ... sauf le peuple en général, pour qui la question de la survivance est centrale et élémentaire : c’est quelque chose qui va de soi. Le peuple serait-il conservateur dans le vrai sens du terme? Dans le sens de celui qui veut conserver, préserver des choses précieuses? Par voie de conséquence, l’ethnomasochisme provoque donc l’apologie systématique du cosmopolitisme, du multiculturalisme. Curieusement, ses partisans dénient à leur propre groupe d’appartenance l’idée d’identité ethnique mais l’accorde aux autres, par exemple, aux Amérindiens. Les Frankois ont le devoir de se diluer, mais pas les autres.

L’ethnomasochisme est l’envers de la médaille de la xénophilie qui est l’amour et la survalorisation de l’étranger, de «l’autre», et s’apparente à un ethno-suicide: le nirvana identitaire ou la dissolution de la conscience historique canadienne-française. La xénophilie, une autre forme de psychopathologie collective, provient d’une absence de conscience nationale ethnique. Elle part du principe que l’étranger a tout à nous apprendre, entre autre sa gastronomie qui est tellement meilleure que la nôtre. Elle s’avère contradictoire puisqu’elle associe particularismes ethniques et cosmopolitisme, prônant à la fois le droit à la différence pour tous et l’uniformisation du genre humain. Le rejet de la xénophilie ne doit cependant pas conduire à la xénophobie, qui est tout aussi paralysante, mais conduire à l’affirmation de soi comme peuple, c’est-à-dire à l’ethnocentrisme: y a-t-il quelque chose de mal là-dedans?

Dans l’Histoire de l’humanité, l’ethnomasochisme n’est pas nouveau et ses partisans promoteurs passent pour des gens de progrès très, très évolués. On avance en arrière, comme dirait un chauffeur d’autobus. Il est le symptôme des peuples las de vivre et de se perpétuer. La volonté n’y est plus. Les élites québécoises-françaises sont atteintes de cette maladie collective et celle-ci explique le laxisme envers la colonisation migratoire prônée par le gouvernement Charest pour qui la survie du mode de vie des Québécois passe obligatoirement par une hausse substantielle de l’immigration au Québec. C’est une question économique, d’argent. Pour ce qui est de la culture frankoise, on en reparlera. Sans que rien n’y paraisse, l’invasion interstitielle(1) fait son travail de sape dans la bonne conscience apaisante d’être ouvert aux autres. Sans que rien n’y paraisse? Non. Plus maintenant, alors que les francophones sont minoritaires sur l’île de Montréal. En disparaissant, nous avons tout à gagner, n’est-ce pas? (Je n’arriverai jamais à comprendre un tel raisonnement!) Alors voilà pourquoi nous avons le devoir d’accueillir les nouveaux arrivants. Une élite molle aux valeurs molles, dirait le sociologue Jacques Grand’Maison.

1. Selon les ethnologues, il y a deux manières de conquérir un pays: par l’invasion militaite ou par l’invasion interstitielle dont le Tibet est l’exemple le plus éloquent. L'invasion intersti¬tielle (du latin interstitum qui signifie «se trouver entre»), c'est l'insertion pacifique d'étrangers dans un corps social donné conduisant soit à l'assimilation, soit à la résistance.

Dans des articles précédents, j’ai parlé d’une loi incontournable que les groupes et les peuples doivent respecter s’ils veulent survivre, loi dont David Rome, en son temps, a aussi énoncée, à savoir: laissez entrer des gens, et, tôt ou tard, ils chercheront à imposer leurs propres règles. Depuis l’Antiquité, fait déjà remarqué par Aristote, Thucydide et Xénophon, toute nation qui admet en son sein un seuil élevé d’allogènes(2) est appelé à dépérir, ces derniers se substituant progressivement aux autochtones(3) et tendant à les chasser ou à les détruire culturellement et/ou physiquement. Ce processus est maintenant en route pour les Frankois. Au bout d’un certain temps, un peuple submergé par les immigrants/allogènes devient minoritaire chez lui, étranger dans sa propre patrie. C’est la logique de l’immigration incontrôlée/incontrôlable préconisée par notre élite multiculturelle/interculturelle psychologiquement apatride que nous connaissons actuellement: bien entendu, tout cela pour notre bien. Le rapport Bouchard-Taylor(4) est là pour nous le rappeler!

2. Allogène: tout ce qui est d’origine étrangère, culturellement et biologiquement.

3. Autochtone: qui est issu du sol même où il habite.

4. La commission de consultation sur les pratiques d’accommodement reliées aux différences culturelles qui publia son rapport en 2008 intitulé «Fonder l’avenir, le temps de la conciliation», était co-présidée par l’historien et sociologue Gérard Bouchard (le frère de l’ex-premier ministre du Québec Lucien Bouchard) et par le philosophe et politicologue Charles Taylor.