Le multiculturalisme serait-il déraisonnable?

par JOACHIM LAMBERT, le 21 novembre 2006


Il est une loi incontournable de la psychologie des groupes et des peuples que toute société d’accueil doit tenir compte si elle ne veut pas être vulnérable et continuellement en situation de faiblesse, donc, si elle ne veut pas être perdante à long terme, et cette loi la voici: «Quand vous laissez entrer des gens, tôt ou tard, ils veulent aussi poser leurs propres règles». Cette affirmation d’une lucidité évidente et qui procède de l’expérience historique, ne provient pas d’un Frankois (d'un Québécois-Français) raciste mais bien d’un Juif, David Rome, auteur de 75 ouvrages sur les relations entre Canadiens-Français et Juifs(1).

1. Voir L’Actualité, avril 1988.

Or, au nom de la religion des droits de l’homme, le multiculturalisme fait fi de cette loi naturelle. L’accommodement raisonnable, loin de favoriser l’intégration des immigrants, grignote petit à petit le territoire identitaire des Frankois. Au Canada et au Québec, les demandes de droits individuels cachent, au nom de la liberté, la charge politique des droits collectifs des communautés culturelles. Et leur pouvoir augmente proportionnellement à leur nombre. Par exemple, 46% des Torontois sont des immigrants, d’où leur grande influence politique; qui peut affirmer le contraire? Les droits individuels sont un leurre et un piège. L'arbre des droits individuels cache en fait la forêt des droits collectifs: le port du kirpan, qui est maintenant un droit individuel devient par le fait même automatiquement un droit collectif pour les enfants des 8000 Sikhs de Montréal(2).

2. Voir l'article Le port du kirpan dans les écoles du Québec.