La symbolique karmique des Frankois

Il est de notoriété historique de savoir qu’après une conquête militaire ou politique, le conquérant, faute de génocide ou d’avoir une politique d’assimilation efficace, a toujours voulu dépouiller les conquis de leur identité afin de mieux les soumettre. Il s’agit essentiellement de s’approprier la symbolique identitaire des peuples conquis pour les diminuer et les dominer psychiquement.

Ainsi, les Anglais s’approprièrent-ils: a) notre nom qui, à l’origine, soit à l’époque du premier Canada, celui de la Nouvelle-France, était celui de «Canadiens»; b) le «Ô Canada», qui était notre chant identitaire de ralliement, un chant de résistance à l’occupant; et c) la feuille de l’érable à sucre(1), l’emblème des Canadiens-Français adopté par la Société Saint-Jean-Baptiste.

1. 90 % de la population d’érables à sucre est en Laurentie.

Le blason frankois
Le blason frankois

Poème original d’Adolphe-Basile Routhier(2) composé en 1880, le «Ô Canada» fut mis en musique par Calixa Lavallée(3) et interprété pour la première fois en 1880 à l’occasion de la Convention nationale des Canadiens-Français. En 1908, à l'occasion du 300e anniversaire de la ville de Québec, le juge en chef Robert Stanley Weir écrit une version anglaise de la chanson de Basile Routhier sur l'air composé par Calixa Lavallée. C'est cette version, au détriment de celle de T.B. Richardson, qui deviendra la norme nationale canadienne. Le «Ô Canada» n'a cependant détrôné le «God Save the King» que beaucoup plus tardivement dans le XXe siècle. La plupart du temps les deux chants étaient interprétés lors des cérémonies publiques. Le premier couplet, fut proclamé version française officielle de l’hymne national d’un autre Canada (celui de la Confédération de 1867) en 1980.

2. Adolphe-Basile Routhier (1839-1920), juge et professeur de droit à l’Université Laval de Québec, il était aussi écrivain et chroniqueur littéraire.

3. Calixa Lavallée (1842-1891), compositeur, chef d’orchestre et professeur de musique, il est auteur d’opéras, de marches et de cantates de facture traditionnelle.

D’abord chant identitaire des Canadiens-Français, les paroles du «Ô Canada» rendent encore très bien de nos jours, sur le plan symbolique, l’idéal spirituel frankois. «En dépit de toutes ses sottises et de tous ses égarements, l’homme, conduit par une puissance supérieure, arrive cependant à bon port»(4); voilà ce que, nous osons croire, il adviendra aux Frankois pendant le Jugement Dernier.

4. GOETHE, Wilhelm Meister.

Voici les paroles de notre chant identitaire méconnu, poème de Basile Routhier:

Sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant,(5)

Le Canadien(6) grandit en espérant,

Il est né d’une race fière,(7)

Béni fut son berceau;

Le ciel a marqué sa carrière,

Dans ce monde nouveau,(8)

Toujours guidé par Sa lumière;(9)

Il gardera l’honneur de son drapeau.(10)

De son patron, précurseur du vrai Dieu,(11)

Il porte au front l’auréole de feu;

Ennemi de la tyrannie,

Mais plein de loyauté,

Il veut garder dans l’harmonie

Sa fière liberté.

Et par l’effort de son génie,

Sur notre sol asseoir la vérité.(12)

Amour sacré du trône et de l’autel,(13)

Rempli nos cœurs de ton souffle immortel.(14)

Parmi les races étrangères,

Notre guide est la foi.(15)

Sachons être un peuple de frères,

Sous le joug de la loi;(16)

Et répétons comme nos pères

Le cri vainqueur: «Pour le Christ et pour le Roi».(17)

5. Le fleuve Saint-Laurent. Laurent, du latin, qui signifie «couronné de lauriers». Laurier : L’arbre, distingué pour son parfum puissant et sa capacité de brûler vert avec un fort crépitement, était considéré comme l’allié des forces de lumière et de feu et consacré à l’Apollon solaire (dieu grec du jour, fils de Zeus, personnification du soleil, symbole de la lumière civilisatrice). Il ne pouvait servir à aucun usage profane et était pris comme emblème de gloire et de victoire à Rome et en Grèce. L’usage était de couronner les généraux triomphants d’une couronne de laurier. Le radical du latin laurus a servi aux chimistes à former laurique et laurate désignant un sel; au figuré, «le sel de la terre»: les Appelés, les Élus.

6. C’est-à-dire le Canadien-Français et, depuis 1960, par souci d’inclusion par reniement de soi, le Québécois (sans la particule «Français»), et, au XXIe siècle, le Frankois.

7. Descendants des premiers colons Français du premier Canada, la Nouvelle-France.

8. Le Nouveau Monde d’Amérique du Nord.

9. La guidance de Dieu.

10. C’est-à-dire: «Le Canadien gardera l’honneur de son identité». À l’époque de la création du «Ô Canada», en 1880, les Canadiens-Français n’avaient pas encore de drapeau national distinctif et en arboraient plusieurs.

11. Il s’agit ici de Jean-Baptiste, l’annonciateur du Fils de Dieu Jésus. À l’image de Jean-Baptiste, la nation frankoise doit devenir un phare pour la Vérité.

12. Soit la Vérité de la Parole de Dieu contenue dans l’Enseignement du Christ et dans le Message du Graal 1931 de Abdruschin. Seigneur, «Que Ton règne vienne, que ta Volonté soit faites sur la terre comme au ciel».

13. C’est-à-dire du trône de Imanuel-Parzival-Abdruschin dans le Manoir du Graal au sommet de la création, où se trouve l’autel de la coupe du Saint-Graal.

14. De la Force divine.

15. Notre guide est la foi devenue conviction.

16. Sous la contrainte salvatrice des Lois divines.

17. Pour le Fils de Dieu Jésus, le Sauveur, et le Fils de l’Homme Imanuel-Parzival-Abdruchin, le Roi de la Création.

En août 1860, 26 ans après le banquet politique canadien-français du 24 juin 1834 organisé par Ludger Duvernay qui fondait l’Association Saint-Jean-Baptiste, et qui avait choisit la feuille d’érable comme emblème national des Canadiens-Français, la feuille d’érable était adoptée comme emblème national du Canada par les Canadiens-Anglais lors d’une assemblée politique à Toronto, et arborée à l’occasion de la visite du Prince de Galles(18).

En 1965, les Canadians s’approprièrent définitivement la feuille d’érable, que l’on a fait mourir comme emblème national des Canadiens-Français, en la peignant en rouge(19) et en la stylisant sur le nouveau drapeau canadian.

18. La Principauté de Galles, incorporée à l’Angleterre par l’Acte d’Union de 1536.

19. Couleur des Anglais et du Parti libéral du Canada.

Le drapeau du Canada
Le drapeau du Canada

Au début des années 1920, l'association Natives Sons of Canada (NSC), un groupe de pression destiné à promouvoir le patriotisme et la fierté nationale dans tous les champs de la culture et de la société canadienne, veut un drapeau qui soit distinctement canadien. Jusqu'ici, le Canada a utilisé soit l'«Union Jack», soit le «Red Ensign» réservé à la marine marchande. On souhaite aussi remplacer les armoiries par une feuille d'érable. Cet emblème, qu'on juge adapté à la symbolique nationale, remporte l'adhésion d'autres groupes comme les Canadian Club, la Chambre de commerce de l'Ontario, la Conférence des Églises anglicanes, etc, et des publications telles que McLean's, La Presse ou le Manitoba Free Press. Les premières discussions sérieuses à propos du drapeau canadien ne prendront place à la Chambre des communes d'Ottawa qu'après la deuxième guerre mondiale 1939-1945.

En 1965, les Canadians s’approprièrent définitivement la feuille d’érable, que l’on a fait mourir comme emblème national des Canadiens-Français, en la peignant en rouge et en la stylisant sur le nouveau drapeau canadian. En effet, en 1965, la feuille d’érable fut choisie comme emblème du Canada et apposée sur le nouveau drapeau canadien entre deux larges bandes verticales rouges, l’une à l’extrémité gauche du drapeau et l’autre à droite. Symbolisme qui frappe l’imagination lorsque l’on constate que ce drapeau nous rappelle le peuple conquis canadien-français (représenté par la feuille d’érable rouge, couleur de l’empire britannique) coincé dans l’étau rouge (soit les deux bandes verticales rouges) de la civilisation anglo-saxonne.

Les Anglais nous ont donc volé trois symboles identitaires. Ils ont récupéré pour leur compte notre nom (Canadiens), notre hymne (le «Ô Canada») et notre emblème (la feuille d’érable).

D’ailleurs, les Anglo-Saxons procédèrent de manière identique lorsqu’ils fondèrent les États-Unis d’Amérique sur le génocide des Indiens d’Amérique du Nord en s’appropriant l’Aigle comme emblème de leur nouveau pays, symbole sacré des Amérindiens.